‹ Le nouvel OpéraChapitre 9 sur 41 · TOITURE · texte numérisé non relu

TOITURE

La toiture du nouvel Opéra présente dans son ensemble une surface de 15000 mètres.

Pour faciliter la surveillance et les réparations, Gar-

NOUV. OPÉRA. fi

nier a établi partout des escaliers formés de marches en zinc fondu, qui rendent la circulation des plus faciles. Cest surtout la toiture de la scène qui présente l'aspect le plus curieux. Là, comme dans les autres parties du bâtiment, l'étendue des constructions imposait à l'architecte des précautions particulières. Il fallait prévoir le volume et la force du courant des eaux, qui, par les pluies d'orage, devaient former d'im-

Conitruclion du toit de la scène.

menscs nappes. Du sommet du pignon jusqu'à l'extrémité delà pente, les eaux sont retenues par deux barrages qui les arrêtent doucement dans leur course, règlent leur débit et les laissent s'écouler, après les avoir divisées, dans deux immenses chéneaux, véritables canaux où Ton peut circuler à Taise et où de larges gargouilles engloutissent rapidement les masses d'eau,

qui, livrées à elles-mêmes, auraient produit les plus graves dégâts.

ta crête d'un toit est ordinairement un étroit espace où les couvreurs et les fumistes ne circulent qu'avec quelques précautions. Sur la scène de l'Opéra la toiture est terminée par une longue plate-forme de plus de deux mètres de large où l'on peut se promener à Taise ; elle est bornée d'ailleurs par les gros murs, d'un mètre cinquante centimètres d'épaisseur, qui, s'élevant audessus de la pente, donnent une impression de sécurité complète et permettent de considérer sans vertige l'immense panorama qui se déroule de tous côtés.

De là, en effet, on découvre par un beau temps et la ville et ses environs. La vue, bornée d'un côté par les hauteurs de Montmartre et de Belleville, s'étend jusqu'aux collines qui entourent Paris. On distingue le plateau d'Avron, les bois de Meudon, le mont Yaléricn. On voit fumer les cheminées d'innombrables usines; d'autres fumées mobiles permettent de suivre la marche des locomotives remorquant leurs trains dans toutes les directions ; plus près, au milieu d'un enchevêtrement de milliers de toits et de cheminées, on voit surgir tous les monuments, on reconnaît la place de l'Europe, les différentes voies du chemin de fer de l'Ouest, on suit dans toute sa longueur la rue Lafayelte, puis on est ramené par la courbe des boulevards aux Champs- Elysées et, au delà, aux hauteurs du Trocadéro; à chaque instant les variations de la lumière présentent les objets sous un nouvel aspect, et les touristes qui

gardent le souvenir des plus nobles ascensions trouveront encore quelque intérêt à voir, du nouvel Opéra, se lever ou se coucher le soleil sur cette grande ville qui résume tant de souvenirs, Paris.

PUn Géttérul du Rez de Chmsséa

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