II
Renommées tenant Pégase par la bride, sont d’une fière silhouette. Ils sont traités, comme je l’ai dit déjà, d’une façon conventionnelle. Les têtes des chevaux sont énormes par rapport aux corps (c’est du reste ainsi que faisait Phidias), et les jambes de derrière sont courtes et ramassées. Cette construction arbitraire du cheval donne au groupe un caractère bien marqué et architectural. Les jambes, ainsi diminuées, font asseoir le tronc du cheval d’une façon solide et sans laisser des jours qui, vus de loin, produiraient des maigreurs inévitables, et la grosse tête, bien nerveuse et bien ferme de modelé, arrête les contours du cheval avec une grande décision de lignes. Les ailes sont également nerveuses et sobres de détails, et tout cet ensemble, traité bien plutôt dans un style ornemental que naturel, s’harmonise à merveille avec les ornements véritables et les lignes rigides de l’architectùre.
Quant à l’exécution de ces groupes, exécution qui ne peut être appréciée qu’en montant sur le toit de la scène, elle est d’une singulière habileté et d’une largeur vraiment remarquable.
Ces deux groupes ont été reproduits en galvanoplastie par M. Oudry, pour le prix très - modique de 25,000 francs les deux. Je dis très-modique, car ces groupes équestres ont, de la plinthe au haut des ailes des Pégases, près de 4 mètres de haut.
La hauteur est plus grande encore pour le groupe de Millet, qui a près de 5 mètres et qui, lui, est fondu en bronze, M. Denière ayant consenti à exécuter cette fonte pour le prix absolument insuffisant de 40,000 francs (c’est le prix qui m’était demandé pour exécuter ce groupe en fonte de fer).