DES MAGASINS DES COSTUMES
Des armoires, encore des armoires, toujours des armoires; puis des rayons, des tiroirs, des cartons, des
tables, le tout aménagé, comme dans les grands magasins, dans diverses salles, dont une centrale; cela suffit à donner l’idée des dépôts des costumes de l’Opéra ; mais cela ne dit pas combien tout est arrangé avec ordre, combien les costumes sont soigneusement pendus, pliés ou mis en paquet, avec méthode et classification. Des étiquettes, si bien écrites qu’on les dirait l’œuvre de Nuitter, facilitent le classement et les recherches, et aucune hésitation ne se produit dans le rangement ou l’enlèvement de cette immense quantité de costumes, qui font partie du matériel de l’Opéra. Puis une pièce spéciale est affectée aux armes et aux armures, rangées et entretenues de façon à lutter avec le Musée d’artillerie ; puis d’autres pièces pour les perruques, les bijoux et les menus accessoires ; tout cela également installé avec un ordre parfait; puis enfin, des bureaux pour les dessinateurs et des salles poulies matières premières; tel est l’ensemble de ces locaux si importants et qui occupent un étage entier de l’administration et une partie de l’étage supérieur, en y comprenant les ateliers des tailleurs et des couturières.
Ceux-ci, en effet, font partie de la grande division de l’habillement; ils sont largement établis dans de grandes salles très-élevées de plafond, et garnies de tous les ustensiles nécessaires à la profession de la couture, de la coupe, du repassage, de l’essai des costumes, etc. Il y a la îéellement des ateliers plus considérables que ceux des maisons de confections, et je vous prie de croire que les tailleurs et les couturières de l’Opéra ne sont pas les derniers venus dans leur art.
Quant à la question purement artistique, elle ne se montre guere en ces endroits-la; il s’agissait seulement
d’agencer commodément les services, de les grouper, tout en les divisant, et de réaliser pratiquement les exigences d’un programme. C’est ce que j’ai cherché à faire de mon mieux; et, comme les employés aux costumes paraissent d’une humeur plus facile que celle des abonnés de l’Opéra, ils ont bien voulu être satisfaits de leur installation. Mettons donc qu’il en est ainsi ; chacun y trouvera son compte.