DU VESTIBULE DE CONTROLE
Un dessin d’un journal illustré représentait jadis le vestibule de contrôle comme une espèce de jeu de toupie hollandaise, dans lequel les gens étaient enchevétrés dans un labyrinthe de cordons s’entre-croisant dans tous les sens. Cela donnait assez exactement l’idée de cette salle qui, à l’entrée du public, est effectivement garnie de cordes en laine, formant guides, et remplaçant les barrières fixes ou mobiles, communément employées dans les théâtres et les édifices où la foule ne doit pénétrer que peu à peu et après avoir été soumise à un contrôle réglementaire.
S1 J'avais employé ces barrières, le vestibule eût été bien plus embarrassé qu’il ne l’est actuellement, et l’effet de toutes ces clôtures eût certainement été moins agréable que celui produit par ces câbles rouges, fixés sur des supports en cuivre assez élégants. Mais comme on aurait été habitué à ces palissades de sapin, personne n'y eût pris garde, et chacun eût passé entre ces haies encombrantes sans penser à mal!
Cependant ces barrières en bois, qui vous enserrent, vous indiquent non-seulement que vous devez passer par leur filière, mais encore elles vous empéchent brutale-
ment d’aller autre part. Vous êtes entré dans le laminoir par un bout, bon gré, mal gré il vous faudra sortir par l'autrei/c'estelaNforce fquINdomHeMATMMNeURUERCES ganses et de ces câbles en torsades, vous suivez également le chemin ; vous êtes de même engagé entre deux guides; mais ce sont des guides de bonne compagnie, qui n’usent pas de violence vis-à-vis de vous, et vous laisseraient échapper si vous en aviez le désir. Aussi vous ne suivez la route que parce que votre bonne volonté vous conduit. Les barrières en bois, c’est le gendarme qui vous prend au collet et vous fait marcher durement avec lui; les guides en cordons, c’est le gentleman qui vous retire son chapeau et vous dit poliment
« Monsieur, donnez-vous, je vous prie, la peine d’entrer. » Eh bien! l'habitude est si forte, que bien des gens préféreraient être bousculés par le gendarme, que galamment invités par le sentleman.
Mais, barrières ou cordons, tels que j’avais compris les bureaux de contrôle, eussent été toujours moins nombreux que maintenant; car au lieu de placer ces bureaux à droite et à gauche du grand palier de départ de l’escalier, dans les baies latérales, j'avais proposé, ou bien un seul bureau établi au centre du vestibule de contrôle, ou bien, si on le préférait, deux bureaux (ceux qui servent actuellement) devant les deux grands piedsdroits extrêmes du même vestibule de contrôle. Ces bureaux ainsi placés, étant naturellement plus près du grand vestibule d'entrée, le chemin eût été moins long pour y arriver, et naturellement la longueur des guides eût diminué. Mais par suite de diverses observations faites par le directeur de lOpéra et par l'inspecteur du con-