‹ Le nouvel Opéra de ParisChapitre 98 sur 145 · ADIEUX AU LECTEUR · texte numérisé non relu

ADIEUX AU LECTEUR

il faut que je continue la causette avec Vous,

puisque mon éditeur m'y oblige. N'i importe! je ne croyais pas que les livres fussent comme les anciens coucous. qui, ne prenaient leur,essor que lorsqu' ils étaient bondés. Je mets donc encore ce dernier chapitre en lapin ; mais je pense qu'après cela le voyage pourra commencer.

Le diflicile, chers lecteurs, n'est pas de, yous dire . seulement : Merci et au revoir. Dans le Petit Secrétaire de la conversation, on trouve des phrases de ce genre toutes faites, et je saurais au besoin les copier ; non, ce qui est difficile, c'est de vous. dire cela en .Peaucoup de pages, de facon que. pourtant, je-nale l'air ni d'un bavard ni d'un importun, On aime bien conduire ses amis au chemin de fer; on les ACCOMPAGNE, jusqu'à leur Wigon ; on Jeur serre la main; on. leur souhaite bon voyage. Tout est pour, le.

mieux; mais, si le train ne part pas, on reste à, fanqué devant le compartiment, pendant que l'ami met son nez à la portière. On. trouve. le temps long, on recommence plus ou: moins $6$ adieux et ses souhaits, et, si le train reste ençore, s1. le départ tarde de plus de cinq minutes, on. commence à devenir bête, puis énervé, puis grincheux; pour un peu on enverrait son ami

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aur-diable et. Lami en. ferait, autant de son côté. Dixsminütes de, plus, -ondeviendrait idiot etion partirait furieux contre.cet.imbécile, qui ne:vous quitte pas au bon.moment. nes J'ai grand'peur que .vous.ne -ressentiez. cet eflet-là; nous nous sommes mutuellement:reconduits jusqu'à, la fin. du volume;..1il..n/y,a. plus qu'à nous séparer, et toutes, les paroles, que je vous dirai maintenant seront paroles de: fâcheux etide sot. Je le:sais bien; mais que voulez-vous? Puisque mon éditeur. me.dit quil n'y.en.a:pas encore assez, que le lest manque, et que lesquif qui porte mon livre-et.sa fortune irait. à la dérive sil imétait pas: plus chargé, 1l: faut bien.que je complète ma cargaison. --Du.-reste,, les, reconducteurs habiles vont seulement. jusqu'aux salles d'attente; faites comme eux, ét quittez-moi maintenant, en me laissant -tout-seul penser à vous, qui mabandonnez avec tant de prudence., Je mettrai tout! de: même, ce Jlest demandé; mais, au moins, vous n'aurez pas crainte de le irecevoir sur le pied. | Mais non, chers et bons lecteurs, .vous..ne voulez pas me quitter avant la vraie fin, et. vous êtes assez robustes. pour. supporter. mes./interminables adieux.et pour lire. même, la. table..des

ADIEUX AU LECTEUR 573 noms que je mets” en 'partätnt, "comme 6h lmét NO1d° main lun-mouchôir, qu'on ‘agite Mauss longtemps Pqüe tés regards) 'péuvent le : suivre,

Seulement j'ai uté ‘crainte; lorsque : nous nous serons séparés °aurez-vous encore un bon souvenir pour -moi? Oubliéréz-vous: tout àfait nos! amicales ‘causéries ‘et''méttréz-vous-ce divre én un Coin abandonné? Jé’le redoute un: peug ce que jé vous ai dit ne se’ relit guère ( mettôn$ que ca $e lise J 1 n'y 4 pas fa-dedans deces notions techniques qu'on'est forcé de reprendre à maintes fois pour les! comprendre, de ces for: mules sévères que: l'on ‘apprend avec peine et qu'onrest forcé de réapprendre chaque jour st Pon- veut enconserver Ia -trace> Non; il sufhit d'une seule fois pour savoir ce que j'ai voulu dire ét rien ne vous attirera maintenant vers ce livre sincère, qui vous 4 exprimé les idées d'un artiste; n'ayant pas la prétention d’en faire des axiomes!!

Ah! certes, j'aurais pu, comme bien d'autres; chércher à être incompréhensible pour ‘paraître savant; je ne lai pas voulu; ce.n'est pas en pro: fésseur ‘que j'ai désiré parler, mais bien! en camarade. Sij'avais eu’ prétention de devenir ui pédagogue architectural, j'eusse pu,:sans doute, entreméler, éntrelacer les A, les Bet les X: A

quoi bon Fa mes confrères en savent autant €t même plus que, moi sur les sujets spéciaux, et mes lecons leur cussent semblé sinon ridicules, au moins inutiles. J'ai préféré parler à tous selon mon simple sentiment. être ainsi plus humain, plus vrai et moins impardonnable , Surtout, si je me trompe. RU

Songez donc! un chiffre mal mis, on m’accuse

de légèreté; une erreur commise, on m'accusé

d’ignorance; une théorie scientifique mal déduite, on m'accuse d'hérésie! Ne valait-il pas mieux causer avec vous comme dans l'intimité, vous dire mes appréciations, peut-être plus instinctives que raisonnées, et cacher le peu de science que je puis avoir pour faire mieux comprendre à chacun la science qu'il a? | AYphs

D'ailleurs, il y a temps pour tout; si la corde de l'arc est toujours tendue, la fkche ne’ partira jamais. J'aime encore mieux fâcher cette corde sans trop viser un but. étroit, que de rester toujours occupé à la raidir. Ma flèche ira peutêtre bien loin de la cible; mais elle s'en rapprochera toujours plus qué la flèche immobile.

Puisque je vous parlais ainsi sans morgué et sans méchante humeur, il était bien naturel que nos conversations n'eussent pas le pompeux d'un

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