‹ Le Nu au salon de (volume 2)Chapitre 13 sur 22 · HUILLARD · texte numérisé non relu

HUILLARD

Vaincue

^QÉ^otts la reconnaissons tons, la fille auguste de Vellcda, l’héroïque enfant du pays des Gaules, celle qui n’a pu supporter encore l’affront de la dernière défaite et qui rêve, une main ramenée sur son front, sa noble chevelure dénouée sur les épaules, une épée brisée à la main . C’est la Patrie. C’est la France ! Et devant cette belle

image de la grande vaincue, nous aussi, nous nous souvenons ! Et nous chantons :

Quelle ombre sanglante a penché Sur nos fronts son aile meurtrie?

— L’astre vivant qui s’est couché, C’était ton soleil, O Patrie!

L’horizon qui vit son déclin Saigne encore de ta blessure ►

Un peuple, de gloire, orphelin, Porte au frou-tune meurtrissure.

Ne laissons pas se refermer Le déchirement de la nue,

Ni trop vite se consumer La honte à nos faces venue.

Par Tabyme des cieux ouverts Crions; Justice! aux dieux infâmes; Et. nos fronts de cendres couverts, Montrons-les aux fils de nos femmes!

Si les dieux savent le remords, Si nos fils savent le courage.

Ils rendront la paix à nos morts, Ils laveront l’antique outrage.

Et, redevenu plus vermeil Du sang rajeuni d’une aurore, L’horizon verra ton soleil,

Patrie, aux cieux, monter encore/

Puisqu’il n’est qu’un Dieu qui demeure Debout sur les autels brisés.

De peur que ce siècle ne meure De ses désirs inapaisés

'Que Famé humaine, consumée De son rêve silencieu:#

Ne remonte avec la fumée Du dernier encens vers les deux,

A genoux devant la Patrie,

Seul Dieu qui reste triomphant, Qui ne demande qu’on le prie, Qui sourit à qui le défend/

A genoux aux pieds de la France, Frères que nos Dieux ont trahis Et qui n’avez plus d’espérance Qu’à l’immortel nom du pays!

Adorons, le front dans la poudre La vaillante au cœur surhumain Qui, le front dépouillé de foudre, Garde encore un glaive à la main!

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