CHAMP H B MAP S
monie plus parfaite que celle même des œuvres du divin Homère. Ne diriez- vous pas que, distraite un instant de l’inquiétude de son chemin, elle écoute une chanson lointaine que Técho, seul, redit encore peut-être. Car le bois paraît désert et c’est l’heure ensoleillée où les oiseaux cessent leur ramage ?
Cette chanson qui dit la gloire de la Femme dans la splendeur des choses, ne l’entendez-vous pas aussi ?
Te Deam laudamus ! en ta gloire éternelle,
O Beauté dont la gloire à traversé les cieux,
Brillant d’un sillon d’or, l’éther silencieux,
Comme les feux sacrés que la Nuit porte en elle.
Te Deam laudamus ! Vers ton être vainqueur, Comme un parfum tremblant d’encens et de cinname, En adorations j’exhalerai mon âme - Et de lents hosannas monteront de mon cœur.
Te Deam laudamus ! Tout est cendre et fumée,
Hors l’éclat de ton front plein de rayonnements ;
Et, dans le cœur obscur des rapides moments.
Il n’est long souvenir que de t’avoir aimée !
Te Deam laudamus ! La majesté des lys.
L’orgueil des orients sur leur route pourprée,
La splendeur de la Mer par les couchants dorée Inclinent devant toi, leurs honneurs abolis !
O Femme, ô Beauté dont l’univers n’est que le temple toujours plein d’adorations et de prières, toi qui portes en toi, le secret des enchantements de tout ce qui nous enchante, si bien que lorsque que tu auras quitté ce beau paysage qui se recueille autour de toi, la source n’aura plus de musique, les roseaux seront muets sous l’inutile caresse des souffles, les feuillages auront perdu leur fraîcheur et tout cela ne revivra plus que dans le souvenir que consacra, un instant toutes ces merveilles.
DAGNAUX
Ane.
H ! comme, devant dans ma mémoire, ces vers dore de Banville !
ce joli tableau, ont chanté exquis de mon maitre Théo-
L’Ane, ami de Titania,
Wsi qu’un seul défaut, tout physique ; C’est que de tout temps, il nia Les délices de la musique.
Il mange les chardons qu’il voit^
Oh précieuse nature !
Méprise la boue et ne boit
Que dans une eau splendide et pure.
Douce monture de Jésus,
Il est tout joyeux le dimanche.
Ses chants sont un peu décousus, Mais il porte au dos la croix blanche.
Il aime ce qui nous est cher Et ne connaît pas de rapines ; Cependant nous trouons sa chair Avec les durs bâtons d’épines.
EL quand il est mort, tous les jours.
Pour nos concerts et pour nos luttes.
On fait de sa peau des tambours Et de ses tibias des flûtes .
Il nous croît bons, rêveur charmant !
Nous flatte de sa longue queue,
Et nous regarde tendrement De sa vague prunelle bleue —
CHAMP DE MAE S
Mais il a ses revanches, le doux Ahboron dont j’ai fait mon compagnon ordinaire, et nous en voyons un exemple dans l’occupation vraiment agréable de l’âne dont ici l’image voisine avec celles de deux charmantes demoiselles nues. Il sent bien que l’une d’elles, peu pitoyablement, tire la corde qui le lie pour l’amener jusqu’au bain qu’il déteste; mais, de quelles jolies mains blanches, sa compagne caresse les naseaux veloutés et la nuque légèrement hérissée de l’heureux animal ! N’oublions pas que l’âne est une très poétique bête dont nous ne comprenons pas les chants, héroïques cependant d’allure, mais qui jouit 'à merveille de la beauté d’un paysage et d’une société agréable. Comme il tourne affectueusement les regards vers la belle créature au torse robuste et souple à la fois, à la chevelure noire piquée d’une marguerite blanche, et à qui le gazon tout émaillé de fleurs pareilles fait un si doux tapis ! Que cela vous soit une occasion de relire une des plus admirables fables de Eabelais et où cette arcadique bête nous est montrée dans les côtés tout à fait affectueux de sa nature.
N’importe, que je sais gré à l’auteur de cette jolie toile d’avoir un instant reposé mes yeux, des malheureuses bouriques surchargées et que des rustres accablent de
coups ! En cette idyllique et exquise composition, le doux animal me semble avoir repris la place honorée et, en tout cas, très douce que lui devrait un monde moins stupidement barbare que celui où nous vivons.