‹ Le Nu au salon de (volume 4)Chapitre 13 sur 27 · A. POINT · texte numérisé non relu

A. POINT

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Vest ua poème de matin, n'est-ce pas, que celui de la Femme en l'épanouissement inquiet de son être, pareille à toutes les choses qu'atteint le premier frisson de la lumière, pareille à tous ceux pour qui la splendeur des

formes apparaît dans sa vérité comme subitement révélée. C'est un poème de matin que ce réveil des pensées jusque là mystérieusement endormies dans une menteuse sérénité. Et cet attendrissement qui met aux yeux d'inconscientes larmes, au cœur des battements éperdus, comme on voit les fleurs se mouiller de rosée, comme on voit les sources tressaillir et soulever leurs flots comme imprégnés d'azur, encore un poème de matin ! Essayons de le chanter devant cette pudique et charmante imag ) :

Le bleu du ciel pâlit. Comme un cygne e'mergeant D'un grand fleuve d'azur, l'aube, parmi la brunie, Secoue à l'horizon les blancheurs de sa plume Et flagelle l'air vif de son aile d'argent.

Un doux tressaillement autour d'elle s'éveille, Et, par flots onduleux, jusqu'au zénith monté, Dans l'azur transparent déroule la merveille Des formes qu'envahit sa vibrante clarté.

La grande mer des bruits dans l'atmosphère élève

Le retentissement de son flux solennel

Et bat, sans l'ébranler, comme un roc éternel,

Le lourd sommeil des morts endormis dans leur rêve.

Mais, pareil aux roseaux qu'atteint le flot montant, Le peuple des vivants s'ébranle dans l'espace, Et, couché sous le poids de la vague qui passe. Vers des buts inconnus se disperse, flottant.

COAMP DE MARS

Cependant, qu'aux frissons des brises échappe'e, La terre s'alanguit aux tiédeurs du réveil, De longs éclairs, pareils à des lueurs d'épée, Creusent à l'Orient, leur sillage vermeil.

Alors l'oiseau divin, le cygne, l'aube blanche, Sentant, dans l'air en feu, son âme se sécher, Comme le vieux Phénix sur la flamme se penche, Mourant, dans le soleil comme sur un bûcher.

Et la Vierge, pareille h l'aube délivrée. Dans l'épanouissement de sa jeune beauté, Sous le rayonnement de la clarté sacrée. Sent tressaillir la fleur de sa virginité !

Et c'est pour cela que ses beaux yeux se sont noyés comme d'une mystique flamme où le regard se consume mystérieusement ; qu'une pudeur, subitement venue en elle, lui fait ramener, sur sa poitrine d'enfant encore, le voile tremblant et tiède de ses longs cheveux et qu'un soupir inentendu détend ses jolies lèvres pures, et les infléchit comme à la mesure des baisers, ce pendant que sa chair toute entière est comme aiguillonnée du dard d'invisibles abeilles dont la piqûre est une caresse.

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