GIRARDET
^^ wmmmm mm m^ sû^ai:
Quand ton beaiT corps jonche ta couclie Comme une avalanche de fleurs, Je ne sais où jeter ma bouche Qu'embrasent de folles chaleurs :
Et plus liumble que les voleurs, Je baise le drap qui te touche, Craignant qu'un souffle n'effarouche Quelques unes de tes splendeurs.
Durant que d'invisibles chaînes
Me tiennent courbé, dans mes veines
Court un torrent de volupté :
Car je sais l'immortelle joie De sentir le genou qui ployé Devant l'immortelle Beauté !
Ainsi vous chante le poète, Madame, agenouillé, sans doute, au bas de votre lit, brûlé de désirs, impatient de votre tendre pitié. Et cependant qu'il exhale ainsi son tourment, en rimes éclatantes. — Ce qui est, à vrai dire un grand soulagement, la poésie étant une façon de fumée qui emporte aux cieux nos chagrins, — cependant qu'il donnerait sincèrement tous les jours qui lui restent à vivre (car nous avons de ces folies-là !) pour une nuit passée dans vos bras ; parfaitement indifférente à son martyre et à sa chanson, la tête nonchalamment roulée dans votre admirable chevelure brune, un sourire aux lèvres qui met comme une coulée de lait entre leurs deux pétales pourprés, vous faites courii", le long de votre beau bras allongé.
une souris blanche à laquelle vous prodiguez les plus doux noms, que vous appelez : ma mignonne ! mon amour ! peutêtre.
Les femmes ont vraiment quelquefois, pour les animaux, des tendresses insolentes pour nous. Mais nous aussi, Madame, nous sommes des animaux, nous sommes même des animaux politiques, ce qui est une aggravation de notre état. Par là nous sommes plus bêtes que toutes les bêtes réunies, et plus dignes de la miséricorde qui est toujours due à la faiblesse d'esprit.
Ah! le joli mot que j'ai entendu, un jour, et que je veux vous conter !
Une de mes tantes, fort jolie encore, ma foi, n'avait que des rudoiements pour mon oncle qui en était demeuré stupidement amoureux. En revanche, elle n'avait de caresses que pour ^limi, un serin apprivoisé qu'elle promenait partout sur son doigt. Le moindre geste de Mimi, le moindre battement d'aile, le moindre hochement de queue était l'objet d'^ine admiration enthousiaste. Sa voix était trouvée plus harmonieuse que celle du rossignol, bien qu'il chantât faux ; et son plumage d'un plus beau jaune que l'or, bien qu'il ne fut nullement Hollandais.
Mimi était la perfection fait oiseau et mon malheureux oncle la jalousie faite homme. Ce qu'il vous détestait ce volatile et l'envoyait in petto à tous les diables! — in petto bien entendu, — car s'il eût osé insinuer seulement que Mimi n'était pas une des merveilles du monde, il en eut eu pour trois jours de bouderie et de méchants propos. Mimi couchait sur une dentelle de l'oreiller conjugal. Mimi se promenait sur la table pendant le déjeuner.
Un jour Mimi se percha sur la carafe.
— Qu'il est joli comme cela î s'écria-t-elle. Que n'ai-je Raphaël sous la main pour en fixer les traits !
Mimi, flatté sans doute du compliment, fit volte-face sur son perchoir de verre, de façon que son divin petit derrière était juste au-dessus de l'embouchure de la carafe. Et vlan ! Toujours plein de fantaisie, il vous envoya, au beau milieu de l'eau filtrée, une dragée comme ces petites bêtes en ont nécessairement dans le ventre. Ma tante ne broncha pas. Mais mon oncle murmura simplement :
— On ne lui dit rien à lui ! Sapristi ! si j'en avais fait autant !
Faites attention. Mademoiselle, à votre souris !
-^ ^^tam^ ,^'