GERVEX
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(îl^UR la cuisse nonchalante de l'Immortelle assise, en mi retrait obscur où les feuillages épais tamisent à peine la lumière, l'enfant appuie son coude, et, ramenant, de l'autre bras, son arc derrière son échine souple, il semble interroger celle qui a été sa mère et est devenue sa victime.
Car celle qui lui rend re<;ard pour regard, les paupières doucement abaissées, une mélancolie vague dans le sourire, est déjà blessée au cœur, en quelque recoin mystérieux comme ce bois lui-même, et peut être le nom d'Adonis, le beau chasseur, met-il, sous son front pur, comme une musique, muette à tous, pénétrante à elle seulement.
Car ce n'est pas sans un souci de coquetterie qu'elle a, d'un bracelet serpentin, enroulé son beau bras d'ivoire vivant, et mis, au-dessous de ses seins fermes, la consolation d'une ceinture dorée, sa bonne renommée parmi les Dieux étant sans doute perdue déjà. Et c'est une griserie vague qui lui versent les murmures des feuilles, dont l'enveloppent les parfums des fleurs qu'écrase son poids divin et qui semblent heureuses de mourir.
Oh ! Le couple perfide à notre repos que le poète nous montre sous cet ombrage ! Ce qui s'agite, entre cette mère charmante et ce fils audacieux, c'est les destins tremblants des hommes, nos tortures à venir et nos immortels tourments, car
En vain nous étreignons nos cœurs pour retenir Le souffle fugitif qui court dans nos poitrines. Pour savoir le secret des voluptés divines, Nous ne sommes pas Dieux, maître de l'avenir.
En s'élançant des flots, Vénus a fait jaillir Avec l'eau de la mer, sur notre pauvre monde, Les gouttes d'infini dont notre âme s'inonde. Seule, elle nous a fait le regret de mourir.
Qu'importe le trépas des plus superbes choses I A peine les enfants plearent-iîs sur les roses : Xotre pitié s'arrête au monde inanimé.
Mais nous, les affolés de ton image auguste, Si nous ne renaissons, Vénus, tu fus injuste : On doit être immortel rien que d'avoir aimé !
Ainsi chante le poète. Ainsi le peintre a conçu cette charmante et redoutable image !
Des yeux si grands qu'un coin du ciel doit s'j' trouver ; Si profond qu'on dirait deux étoiles tombées Au creux du lac d'argent oîi la nuit vient rêver, Quand l'air vibrant s'emplit du vol des scarabées.
Dans sa grâce robuste et sa douce fierté, On penserait, à voir sa riante beauté.
L'épanouissement d'une rose trémière.
L'ombre de ses cheveux, sombre et vivant réseau, Baigne amoureusement son teint fait de lumière, Et passe sur son front comme une aile d'oiseau.
Salut Vénus, reine du monde ! Salut Amour !
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