LA NAISSANCE DU JOUR
A tête comme penchée sons le poids de sa lourde che-
ejs>
'4s velm-e dont le flot lui vient baiser les reins, dans un étirement voluptueux où s'arrachent, comme les mailles d'un mince réseau, les fils d'or dont le rêve l'avait enveloppée, cette trame aérienne où le sommeil nous fait si délicieusement prisonniers, sans écouter l'Amour que le jour a surpris devant que son flambeau fut éteint et qui ne s'est pas
saoûlée d'assez longues caresses, elle tend l'oreille au bruit lointain de l'Écho qui passe, dans la fanfare aurorale, semblant sonner aux trompettes de cuivre dont le large pavillon monte aux horizons. Ce qu'elle entend, c'est le murmure innombrable des choses ressucitant à la lumière et la plainte de l'Amour s'y mêle et nous l'allons redire avec lui.
Une vague d'or, au levant, Par im souffle d'aube poussée.
Monte, en cent ruisseaux dispersée.
Et s'éparpflle dans le vent .
Le gazon mouillé des prairies Où la rosée a mis ses pleurs, L'eau qui fuit et toutes les fleurs Se revêtent de pierreries .
Le Soleil est un joaillier A tous indulgent et superbe, Et qui, sur le moindre brin d'herbe Égrène un magique collier.
Quand sur l'oreiller de batiste Il ouvre vos grands yeux d'enfant, Il y fait brdler triomphant L'Éclat d'une double améthyste.
Ah ! sous votre regard vainqueur, A vos pieds qu'un frisson colore, Je voudrais, pareil à l'aurore. Verser la pourpre de mon cœur !
Sous l'aube blanclie du matin Toute la terre se réveille .
Un frisson passe de la feuille Du chêne à la feuille du thym.
Tandis que pâlit la grande ourse, Descend un long frémissement De l'œil profond du firmament A l'œil entr'ouvert de la source.
Ainsi, partout, autour de moi, Comme un torrent tombé des cimes, Eoulant des faîtes aux abîmes S'étend l'univers émoi.
Il n'est que mon cœur solitaire, Loin de tes yeux, aux morts pareils, En qui ne vibre aucun réveil Quand tout se réveille sur terre.
ADAMSOI