‹ Le. P. Girard et lé̕ducation par la langue maternelleChapitre 21 sur 46 · PRINCIPES DE LA MÉTHODE PESTALOZZIENNE · texte numérisé non relu

PRINCIPES DE LA MÉTHODE PESTALOZZIENNE

scrità l’origine dans le cercle étroit de l’instruction élémentaire, s’était élargi et, d’extension en extension, en était venu à embrasser l’ensemble des connaissances humaines, et à poursuivre ainsi la culture de l’homme, — Mais cette culture générale, — et c’est le septième point, — pour être féconde, ne doit pas être uniforme; elle a égard au sexe, — il y avait à Yverdon des filles et des garçons, séparés d’ailleurs et élevés différemment; — elle tient compte de la diversité des talents, comme de celle aes conditions sociales; elle est fondée enfin sur le respect des individus.

En tout cela Girard ne trouvait guère qu’à approuver. Sur plus d’un point, il reconnaissait ses propres tendances et des théories qu’il avait faites siennes, sa propre image, tout au moins de fortes similitudes avec les méthodes qu’il appliquait luimême à Fribourg. Il se retrouvait encore dans quelques autres caractères de l’Institut d’Yverdon. Pestalozzi n’y avait pas tout à fait oublié les procédés du Manuel des Mères., et l’apôtre de l’instruction par la langue maternelle ne pouvait ici que sympathiser avec son brillant précurseur. De même comment ne l’aurait-il pas loué de se préoccuper de varier les études, les exercices, pour exciter l’intérêt de l’élève, puisque c’était là précisément une des règles essentielles de sa propre pédagogie? Et encore, était-ce Pestalozzi, était-ce Girard, qui recommandait le plus vivement d’avoir soin de gagner le cœur des élèves, « ce qui est le vrai moyen de disposer de leur attention et de s’assurer leur effort et leur persévérance? »

Mais, même quand ils sont d’accord sur le fond,.

I ! ( , , i IL’ŒÜVàE PRATIQUE DU P. GIRARD.

— ils, r, étaient surtout sur ce principe que le premier devoir de Téducateur est de développer les dispositions naturelles de l’enfant, — les deux pédagogues diffèrent dans la forme. Où Pestalozzi exagère et s’exalte, Girard ne dépasse jamais la mesure : il veut appliquer avec prudence ce que l’autre pratique immodérément et pousse à l’excès. Voici, par exemple, les réflexions que lui inspirent les lenteurs excessives de la méthode pestalozzienne :

Sans contredit, il est de la dernière importance de s'arrêter suffisamment à chaque pas, d’éclairer chaque objet, de l’approfondir, de Pinculquer; autrement Télève ne sera que superficiel, et, la trace de l’enseignement étant trop légère, ce qui aura été fait dans un moment disparaîtra dans l’autre. Néanmoins, il est un terme à tout. On peut séjourner trop longtemps à la meme place, recueillir trop d’idées adjacentes autour de l'idée principale, donner dans le superflu, et porter ainsi, par la prolixité, le chaos et les ténèbres où l’on voulait amener l’ordre et le jour.

Sur d’autres points, le désaccord est plus marqué encore, et Girard souligne ses réserves. On sait quel abus on faisait des mathématiques à Yverdon, etque Pestalozzi, peu àpeu infidèle à l’intuition des choses pour lui substituer l’abstraction des nombres, se laissait aller à en faire le centre de l’instruction. Sans doute Girard concédait tout ce qu’il est raisonnable d’accorder aux mathématiques, comme élément important de la formation d’un esprit juste et d’une raison exigeante :

L’étude des mathépnatîqucs, disait-il, arrêtant le regard mobile de l’âme, ne saurait être indifférente à la justesse de l’esprit... En outre, par sa marche compassée et régulière du

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