‹ Le. P. Girard et lé̕ducation par la langue maternelleChapitre 33 sur 46 · PLAN DE SON LIVRE · texte numérisé non relu

PLAN DE SON LIVRE

de Girard, qu’un instrument, un moyen, le moyen essentiel, pour former l’esprit et le cœur des enfants. C’est donc aussi un livre d’éducation intellectuelle, et encore un livre d’éducation morale ; en un mot, comme il l’a dit lui-môme, c’est un (( traité d’éducation », qui repose sur des théories philosophiques et morales.

Il faudrait une longue analyse pour recueillir tout ce que contient d’intéressant le livre de Girard. Indiquons-en d’abord le pian.

L’ouvrage comprend cinq parties. La première est consacrée à des Considérations générales sur la manière dont la mère apprend à parler à ses enfants, sur le but d’un cours de langue maternelle et sur les divers éléments qui doivent concourir à le former.

La deuxième partie est intitulée : V Enseignement de la langue considéré uniquement comme V expression de la pensée. Girard veut que le mot soit toujours uni à la pensée.

Dans la troisième partie, V Enseignement de la langue comme moyen de cultiver V esprit,, Girard examine tout ce qui peut contribuer au développement des facultés.

Dans la quatrième partie, X Enseignement de la langue mis au service de la culture du cœur, il montre comment cette étude peut et doit. servir à l’éducation morale.

Enfin, une cinquième partie, Emploi du Ci^ur^ de langue maternelle, est, pour ainsi dire, la partie technique et pratique du livre, et comme le jîréambule du Cours éducatif.

Girard se plaçait ainsi à différents points de vue :

comme il le disait lui-même, <( quatre personnages doivent concourir à rédiger le cours de langue maternelle : le grammairien, qui fournit le rnatériel de la langue; le logicien (ou le psychologue), qui apprend ce qu’il faut faire pour cultiver les jeunes intelligences; l’éducateur, à qui revient le soin de graver dans l’âme des enfants les belles et grandes vérités qui peuvent éveiller et entretenir les pures et nobles affections ; et enfin le littérateur, qui forme le goût et enseigne à composer des récits, des lettres, des dialogues.

Girard est un grammairien d’un genre tout nouveau, un grammairien qui se moque de la grammaire, comme le vrai philosophe, selon Pascal, se moque de la philosophie. Il a voulu composer non pas une de ces grammaires de mots qui sont a la plaie de l’éducation », mais une grammaire d’idées, un art de penser, une sorte de logique de l’enfance. La saine didactique nous crie : «Peu de règles, beaucoup d’exercices. » La mère a appris à Tentant les éléments du langage, et elle Ta fait en s’abstenant de tout formalisme grammatical. Ce qu’elle a commencé à la maison, il faut que Tinstir tuteur le continue à Técole et qu’il écarte le plus possible les subtilités, les abstractions qui rebutent Tentant. Girard fait remarquer que les grammairiens ont établi les règles sur les faits, sur la pratique des auteurs et des orateurs qui parlent et écrivent bien. De même la grammaire n’a été pour rien dans le premier apprentissage verbal, dans la première évolution du langage de Tentant. Comme le disait Bernardin de Saint-Pierre, nous n’apprenons pas plus à parler par les règles de la gram-

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