LE COURS ÉDUCATIF
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Le litre du Cours éducatif indique le sens, le caractère général de l’œuvre : Girard n’y sépare jamais l’éducation de rmstruction
Les premières leçons doivent etre des leçons de choses. On fait nommer à l’enfant les objets qu’il connaît, les personnes, les animaux, les choses, et on lui fait acquérir par là les notions de nom commun et de nom propre, de genre et de nombre. On le provoque ensuite à trouver de lui-même les qualités physiques ou morales des objets, et par là à se familiariser avec les adjectifs qualificatifs. On a soin, d'ailleurs, en faisant nommer chaque qualité, comme plus tard en faisant énoncer chaque jugement, de demander à l’enfant : « Est-ce bien? Est-ce mal? »
L’accord de l’adjectif et du nom s’apprend par la pratique. On exerce l’enfant à associer des adjectifs à des noms qu’il a trouvés et réciproquement.
Une fois en possession des éléments essentiels de la proposition, l’enfant aborde l’étude de la proposition elle-même,et par suite l’étude du verbe qui doit être toujours conjugué par propositions. Girard n’emploie d’ailleurs au début, dans des propositions très simples, que l’indicatif, l’impératif, l’infinitif et le participe ; il remet à plus tard l’étude du conditionnel et du subjonctif Remarquons en outre qu’il mène de front l’étude des temps simples de toutes les conjugaisons.
Les grammaires en usage ont le tort de ne
un aide tel que vous... Nous travaillons tous deux pro Deo et palria; la dernière est quelquefois ingrate, mais Dieu s’est chargé de la reconnaissance... »
s’occuper que de la langue écrite. Girard voulait surtout faire parler ses élèves. L’enseignement de la langue maternelle devait être exclusivement oral : « C’est à la parole que sont confiées les leçons du Cours de langue. » Pas de livre entre les mains des élèves (1). « Si vous remettez le Cours aux enfants, disait-il, ils l’apprendront par cœur, pour le bien réciter. » Tout le profit espéré sera par suite perdu, et l’on retombera dans « le stérile et triste mécanisme de la mémoire », qui étaitodieux à Girard. i
On est surpris, quand on ouvre le livre de Girard, de constater qu’il jette tout de suite son élève dans l’étude de la syntaxe, en la faisant d’ailleurs marcher de front avec la conjugaison et le vocabulaire. Mais c’est là précisément une des innovations auxquelles il attachait le plus d’importance. Tandis que les grammaires désarticulent, pour ainsi dire, le tout vivant qu’est une proposition ou une phrase, et proposent successivement à l’attention du commençant les dix parties du discours. Girard lui offre tout de suite des prupositions, des pensées, avec le verbe qui est le mot par excellence, et comme l’âme de la phrase.
Nous n’insisterons pas sur la critique du Cours éducatif: les défauts n’en sont que trop apparents. Girard reprochait à Pestalozzi la raideur et la monotonie des exercices que celui-ci proposait dans le Livre des Mères) mais lui-même ne s’exposaitil pas au même reproche? Et, alors qu’il attachait avec raison une si grande importance à la variété
(i) Rapet et Michel trahirent complètement les intentions de Girard, lorsqu’ils rédigèrent un manuel pour les élèves.