‹ Le pacha BonnevalChapitre 18 sur 24 · septembre 1734. Affaires étrangères; Turquie · texte numérisé non relu

septembre 1734. Affaires étrangères; Turquie

rellernent autour de celui dont l'exemple les encourageait ; Bonnéval les accueillait avec une bienveillance familière, les poussait,. les employait; il lui parut piquant d’avoir un abbé renégat pour lui servir de secrétaire et l'aider dans la rédaction des mémoires qu’il soumettait à la Porte. Incapable de dissimulation, il jetait au vent sa pensée devant ces dangereux auxiliaires, agitait bruyamment en leur présence les vastes projets dont sa tête était pleine, et avait fait de sa maison le rendez-vous d'un monde cosmopolite, remuant, besoigneux, qui tenait bureau”d'intrigues et dans lequel la Russie et l'Autriche recrutaient facilement des espions. Les deux cours impériales furent ainsi mises au courant de nos démarches successives, des réponses de la Porte, de ses exigences, et purent se concerter en connaissance de cause pour croiser nos efforts.

Embarrassée par ces multiples obstacles, la négociation languissait. Vainement Bonneval chercha-t-il à lui donner une nouvelle face en imaginant de former une union défensive er offensive entre la Porte et la Suède: la France aurait signé un acte de même nature avec la cour de Stockholm et, sans rien conclure personnellement avec les Turcs, eût rassuré ceux-ci en devenant leur alliée indirecte ct au second degré. Bonneva] avait été encouragé à cette tentative par une lettre du roi de

LE PÂACHA BONNÉVAL So Suède qui jadis l'avait connü, apptrécidit es talénts, ét après son arrivée à Constantinople, l'avait fait félicitér « sur ce qu'il avait enfin » une réligioh » ‘. Malheureusement la longüetir du débat engagé entre Versailles et Constantinople avait laissé aux Russes le loisir de poursuivre l'écrasement du parti de Stanislas, et l'extrémité où ils l'avaient réduit rendait désormais toute assistance superflue. D'ailleurs la France, dégoûtée par les difficultés qu'elle rencontrait en Orient, laissait peu à peu se déplacer le différend qui lui avait mis les armes à la main ; elle ne s'occupait plus qu’à : poursuivre ses conquêtes en Îtalie aux dépens de l'Empereur et au profit de l'Espagne. En 1735, elle rompit définitivement la négociation entamée à Coristantinople, affirmant « qu’elle » he saurait jamais conséntir à renouveler » l'exemple de François [*r »%, et signa avec l'Autriche les préliminaires de Vienne, dont l'une des clauses attribuait la Lorraine au roi Stanislas à titre de dédommagement. La noblesse polonaise dut courber le front sous le riaître étranger qui lui était imposé, et cette Humiliation prépara son prochain et entier asservissement. La France et la Turquie perdirent ainsi la seule occasion qu'elles aient

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