‹ Le pacha BonnevalChapitre 20 sur 24 · Lettre écrite à la cour de France par un agent de · texte numérisé non relu

Lettre écrite à la cour de France par un agent de

sous le feu de l’ennemi, il réforma l'armement, la tactique, la stratégie. Par son conseil le front des bataillons turcs se hérissa de longues piques qui arrétèrent les, charges de la grosse cavalerie de l'Empereur. Il enseigna aux ja-. nissaires une nouvelle manière de combattre.

Jusqu'’alors cette troupe se groupait pour attaquer en une seule et lourde masse qui se précipitait à l'aveuglé sur l'ennemi : si la tête de la colonne se brisait contre l'obstacle, le corps entier restait paralysé ;. c'était la confusion, puis la déroute. Bonneval habitua les janissaires à se former par détachements isolés, s’appuyant les uns les autres sans pérdre la liberté de leurs mouvements, et à offrir moins de prise à l'ennemi par cètte habile dispérsion. Quant à la conduite générale de la guerre, il fut d'avis de laisser les Moscovites errer dans les déserts de la Tartarie sans chercher à les joindre, affirmant « que l'éloignement ruinerait leurs » entreprises » !, et qu’ils ne sauraient même garder leurs conquêtes : il fallait au contraire, suivant lui, « appuyer » ferme contre-les armées autrichiennes, engagées dans les défilés de la Bosnie.

Ces indications, grâce auxquelles la vaillance naturelle aux soldats de l'Islam ne se dépensa

Bonneval, 24 novembre 1730. Affaires étrangères : Turquie, suppléments.

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