Prince de Ligne, p
y trouve des accents pénétrants sans jamais s'abaisser jusqu'au reproche, et la tendresse s’y fait discrète comme si elle craignait d'être importune !. Les réponses de Bonneval n’ont pas été conservées; nous savons seulement qu'il écrivait à de rares intervalles, lorsque la guerre, la galanterie et les mille soins qui emplissaient sa vie lui en laissaient le loisir.
Il prit part, sous la conduite d'Eugène, aux grandes opérations militaires qui refoulèrent au delà du Danube les bandes ottomanes, et, par une manœuvre habile suivie d'attaques vigoureusement menées, contribua fortement au gain de la bataille devant Belgrade ainsi qu’à la prise de cette ville. Après la paix de Passarowitz, conclue en 1718, il revint à Vienne, où l'empereur Charles VI le combla d’honneurs, lui donna place dans le suprême conseil de guerre, principale autorité militaire de l’Autriche, et l’admit dans tous les secrets de son gouvernement. Déjà le prince Eugène, dans une lettre, lui avait décerné le titre de grand capitaine?. Cet instant marque le point culminant de sa carrière dans la chrétienté. Son mérite reconnu, ses faits d'armes retentissants, la faveur dont il jouissait auprès de la cour et du
1. Ces lettres ont été publiées par le prince de Ligne à la suite de son Mémoire. Sainte-Beuve en cite diftérents extraits.