‹ Le Pacte ColonialChapitre 12 sur 19 · DR LEE · texte numérisé non relu

DR LEE

demandées par les négociants de Carthagène, de Porto-Bello et de la Vera-Cruz. C’est alors que l’on vit s'organiser le plus étonnant système de contrebande dont l’histoire ait gardé le souvenir. Les exportateurs espagnols, obligés de recourir à l’étranger, éludèrent la loi en prêtant leur nom à des négociants hollandais, anglais, français, et ce furent désormais les marchandises de ceux-ci qui chargèrent la flotte et les galions. Tout cela se pratiquait à la faveur du consentement universel, car dénoncer un changement étranger à la Casa de contratacion était réputé une grande infamie; un honnête présent avait bien vite raison du zèle du consul et des employés de la douane, et le gouvernement luimême en était venu à regarder la fraude comme un mal nécessaire, il se bornait simplement à exiger l’indult, c’est-à-dire une sorte d'impôt qui devait indemniser le roi du tort que lui faisait la contrebande.

Au début du xvue siècle, la contrebande fit un nouveau pas qui précipita la marine espagnole dans la dernière décadence. Les négociants de l'étranger supprimèrent l'entremise de la flotte et des galions, et demandèrent les bons offices moins coûteux du Portugal, auquel la tâche était rendue bien facile par son privilège de fournir d'esclaves les colonies espagnoles; et même bientôt ces nations s’affran-

MCPASChérer 10p Cite, p-A2DIetrs

Page 1