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deau dont le poids blesse et fait plier les colonies. Supposons qu'une marine étrangère soit moins chère que la marine nationale; la prohibition de se servir des vaisseaux étrangers fait supporter, par les commerçants de la métropole et des colonies, toute la différence entre le fret par vaisseaux étrangers et le fret par vaisseaux nationaux ; mais, d'autre part, le profit net réalisé par les armateurs privilégiés n’est pas égal à la totalité de cette différence, car une partie de cette différence représente l’infériorité naturelle de la navigation nationale sur la navigation étrangère, si bien que les uns perdent beaucoup plus que ne gagnent les autres, et qu’en définitive il y a perte pour la nation dans son ensemble.
D'ailleurs, poussons plus loin l'analyse et nous n’aurons pas de peine à reconnaître que si le monopole du transport eut une large influence sur les progrès de la marine, beaucoup moins heureuse fut l'action réfléchie qu'il exerça sur les autres industries. En effet, les prohibitions sur l’usage de la marine étrangère aboutirent à cette double conséquence : une partie des capitaux qui la nourrissaient abandonnèrent l'industrie pour se porter vers le commerce maritime, objet des faveurs légales; d'autre part, l’élévation du fret, en faisant hausser le prix de revient des marchandises aux lieux de destination, en diminua nécessairement la demande
et restreignit de cette manière la production des
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articles d'exportation. L'industrie métropolitaine était ainsi victime d’un notable préjudice, dont le fait suivant montre bien l'importance : il arriva que pour échapper aux droits différentiels qui frappaient les transports sous pavillon étranger, les marchandises se livrèrent à d'énormes circuits dont l'effet immédiat fut d'élever leur prix dans des proportions exagérées, et cela au détriment de l’industrie métropolitaine qui voyait renchérir ses matières premières et des consommateurs métropolitains nécessairement obligés de restreindre leurs jouissances. Mérivale a bien montré le gaspillage de capital'et de travail qui résultait sur ce point du monopole de la marine nationale. « On a vu, dit-il, des vaisseaux charger des bois de construction du Nord, les porter au Canada et de là en Angleterre comme bois du Canada, la différence des droits suffisant pour indemniser des dépenses énormes du circuit !. » Telles furent les conséquences économiques du pacte colonial pour la métropole. On le voit, elle n'en retira pas que des avantages : l’industrie eut à souffrir du monopole de la marine, les consommateurs du monopole de l’industrie. Si le pacte colonial nuisit bien souvent à la métropole, quelle influence funeste devait-il avoir sur les colonies,
dont les intérêts avaient toujours été sacrifiés !
1 Cf. Mérivale, op. cit., p. 217.
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