‹ Le pacte de famineChapitre 4 sur 13 · LU HUM · texte numérisé non relu

LU HUM

Le lenderqain matin , aux premiers rayons du jour, maitre Pierre Fleuriot était occupé dans le petit jardin de la ferme à bêcher un carré de légumes. Ce jardin , où , .sauf quelques rangées de buis,

aucune plante d'agrément n'avait trouvé place, était entouré d'une haie d'aubépine taillée à hauteur d'appui , par dessus laquelle le regard planait sur la campagne voisine. Le soleil dorait obliquement l'extrémité des pommiers qui ombrageaient ce modeste enclos ; des gouttes de rosée ruisselaient comme des perles sur la verdure. Néanmoins, des vapeurs blanches répandues dans l'atmosphère annonçaient déjà un orage pour la fin du jour.

Le fermier travaillait avec une ardeur étrange; il y avait dans ses mouvements quelque chose de saccadé et de eonvulsif ; on eût pu croire qu'il cherchait seulement dans les fatigues du corps un contrepoids à des souffrances morales. Pâle , les yeux

rouges, il portait encore les vêtements de la veille , et le sommeil ne semblait pas avoir rafraîchi son sang pendant la nuit précédente; de temps en temps, il s'arrêtait brusquement dans son travail et restait immobile, les bras pendants, les yeux tournés vers la terre ; puis il poussait un profond soupir, et, saisissant sa bêche, il reprenait sa tâche avec une sorte de fureur.

Pendant qu'il s'abandonnait à ces mystérieuses préoccupations, un pas lent et grave fit crier le sable d'une allée derrière lui.

— Bonjour, Fleuriot ! dit une voix affectueuse ; vous voici de bien bonne heure à l'ouvnigp... Mais avez-vous donc oublié

que c'est aujourd'hui dimanche , jour désigné pour le repos par le Créateur luiniêifie?

Au premier son de cette voix , Pierre tressaillit comme un coupable et laissa tomber l'instrument aratoire ; l'abbé Duval était devant lui, calme et souriant comme à l'ordinaire.

— C'est vrai, répondit le fermier d'un

air égaré, c'est aujourd'hui dimanche

A quoi pensais-je donc , moi?... Ensuite, monsieur le curé , ne faut - il pas que le pauvre travail?... le travaille, c'est sa consolation, c'est sa fortune !

— Vous n'êtes donc pas satisfait de votre aisance, Pierre? reprit l'abbé Duval avec un léger accenl de reproche; je sais

cependant que vous êtes à l'abri du besoin, puisque vous pouvez encore rendre service à vos semblables. . . On ne doit jamais se dire pauvre quand on peut répandre les aumônes et mériter les bénédictions!... Avouez plutôt , continua- 1 - il avec tristesse , que depuis longtemps la fête du dimanche n'est pas observée bien religieusement à

Saint-Clair, et que vous avez suivi le tor-

rent? Sans doute on ne s'assemble plus sur la place de l'Eglise ce jour consacré, fût-ce même pour se livrer à des plaisirs profanes ?

Fleuriot s'était remis un peu; il quitta son travail et rejoignit l'abbé Duval dans l'allée.

— Si, si, monsieur le curé, répondit-il

ii. k

avec un calme aitecté, on se réunit encore,

*vec un calme aiiecté, mais, à vrai dire , ce n'est pas pour se livrer à des occupations chrétiennes Le

dimanche est jour de marché, vous savez? Les jacobins ne sont jamais parvenus à déraciner cette vieille habitude.

— Alors , je pourrai voir tous mes anciens paroissiens aujourd'hui même, dit le curé en passant familièrement son bras sous celui du fermier comme pour l'inviter à une petite promenade dans le jardin. Si vous saviez , Pierre , continua-t-il avec une douce exaltation , quelle joie je vais éprouver en me retrouvant au milieu d'eux ! L'espoir de ce moment me soutenait dans l'exil et me faisait supporter aisémenl ions mes maux; je me représentais

sans cesse le jour fortuné où je purifierais le lieu saint, où je parlerais en bon père à

mes pauvres pécheurs de Saint-Clair

Dieu m'a exaucé; les épreuves sont finies; toutes mes souffrances sont effacées par le bonheur présent !

Le fermier écoutait avec distraction les touchantes réflexi-ms du vénérable prêtre.

— Oui, oui, reprit-il, ce doit être una grande joie pour vous Mais , sauf votre respect, voyez -vous, i! faut agir avec prudence. Les gens de ce pays ne sont pas bons, et la révolution a achevé de leur détraquer la cervelle; si vous vous montriez par trop sévère.. .

— .le viens à eu\ les mains pleines de

pardons et le cœur plein de miséricorde, répliqua l'abhé Duval avec attendrissement; je prétends employer seulement la raison et la douceur pour ramener au droit chemin ces brebis égarées ; que puisje avoir à craindre d'elles?... Votre affection pour moi vous crée des chimères, mon pauvre Fleuriot.

Le fermier secoua la tête et ne répondit pas. Ils marchèrent en silence pendant quelques instants.

— Pierre, reprit enfin le curé d'un ton calme et presque indifférent , sans doute vous avez veillé avec un soin extrême sur les objets que nous cachâmes à la Butteaux-Cailles, là -bas à l'entrée de la forêt, la nuit qui précéda mon départ? Ce dépôt

est sans doute encore à la place où nous l'avons mis?

Cette fois, Fleuriot s'arrêta brusquement; sa pâleur devint livide; tout son corps frissonna.

— Et pourquoi n'y serait-il plus? dit-il d'une voix sourde et saccadée ; avez-vous pu penser...

— Je n'ai rien pensé , Fieuriot , interrompit l'abbé D.uval, qui craignait de l'avoir offensé par une apparence de soupçon ; je vous connaissais bien quand je vous demandai de m'aider à soustraire les vases sacrés de mon église aux profanations des impies î Vous seul au monde ave/, partagé avec moi cet iraportant secret ; «'est à vous que je recommandai , dans le

cas où je mourrais en exil, de veiller sur ce trésor et de le restituer à mon successeur dans la modeste cure de Saint-Clair le jour où l'éternelle foi catholique reviendrait triomphante en France! Je n'ai jamais douté un instant que mes volontés ne fussent exécutées par vous, mon bon Pierre. Vous! si honnête et si pieux, touchera ce dépôt! vous! porter une main audacieuse sur ces vases bénits , qui ont contenu le corps du Sauveur ! votre main se fût desséchée plutôt , vous fussiez mort de saisissement avant d'avoir accompli ce sacrilège !

Le fermier semblait écrasé sous le poids d'un remords," il baissait la tête , sa poitrine était oppressée. Tout-à-coup il se re-

dressa , ses jeux brillèrent et une énergique détermination se refléta sur ses traits. Déjà ses lèvres s'agitaient convulsivement, il allait sans doute faire un aveu , quand un bruit de voix et de pas se fit entendre derrière lui.

Il se retourna brusquement et dit avec un accent d'irritation fébrile :

— Qui est là?Qui vient nous déranger? ^e saurait-on avoir un instant de repos?

C'était la petite Jeannette Fleuriot et la vieille gouvernante qui venaient d'entrer dans le jardin et se dirigeaient rapidement vers eux. Jeannette , tout en larmes , les traits abattus, la cornette en désordre, se laissait conduire par Catherine , qui semblait l'avoir prise sous sa protection.

— Tenez, ma petite, dit la gouvernante d'un ton encourageant, voici monsieur le curé en personne. . . Ce n'est pas un homme à qui l'on ne puisse pas parler ! au lieu de nie rompre la tête de vos chagrins, exposez-les à lui-même , il vous écoutera , je vous le promets.

— Hi! hi ! hi! lit la pauvre Jeannette en cachant son visage dans son tablier.

— Allons , qu'y a-t-il , mon enfant? demanda le prêtre avec intérêt; pourquoi cette douleur ? \oyons, Catherine, pouvez-vous m'apprendre ce qui désole ainsi cette pauvre tille ?

— Eh bien, monsieur le curé, répliqua la bonne femme , qui depuis le retour de sou maître avait retrouvé un petit ton

tranchant oublié pendant les mauvais

jours, je n'irai pas par deux chemins

Jeannette devait épouser Antoine Denis , et c'est vous , dit-on , qui avez rompu le mariage.

— Moi ! s'écria l'abbé Du val avec étonnement; ah cà, maître Pierre, vous voyez à quoi vous m'exposez... Pour quel motii avez-vous changé des projets arrêtés avant mon arrivée à Saint-Clair?

Le fermier lit un mouvement de sombre impatience.

— Que veut-elle? qu'elle s'en aille! dilil en regardant sa nièce d'un air un peu égaré ; elle et ses morveux de frères el de sœurs ne sont-ils pas la cause de mon malheur? Je les voyais pleurer, ils avaient

faim... ma tète s'est perdue... il faut bien qu'ils aient leur part dans le châtiment.

Personne ne comprit le sens de ces paroles.

— Si je ne me trompe, Fleuriot, reprit l'abbé Duvaî, vous avez ce matin quelque affaire qui vous tourmente , car votre esprit me paraît singulièrement troublé....

Voyons , répondez - moi , franchement : quelle raison avez-vous eue pour rompre le mariage convenu entre votre nièce et le fils du maître d'école ?

Cette question si précise sembla eniin rappeler à lui-même le pauvre Fleuriot.

— Oui , oui , je comprends , répondit-il avec effort; dame ! monsieur le curé, vous

savez que Denis n'est pas un bon chrétien; de plus il est votre ennemi juré!

— Ne pensez pas à moi, Pierre ; laissezmoi le soin d'apaiser toutes les inimitiés soulevées contre ma personne... et pour ce qui est de la religion, le lils d'un athée même ne peut-il être un honnête homme et un bon mari?

— Yoilà qui est parlé donc! s'écria la petite Jeannette transportée. Ah ! monsieur le curé , que vous êtes bon ! Aussi vous me marierez à l'église, et je serai bien pieuse , et quand je serai en ménage , je

vous enverrai des œufs et du beurre

Mon Dieu, quel brave homme! quel saint homme! c'est un ange du paradis!

— Quand je vous disais, lit la gouver-

iiante avec un sourire radieux ; il n'y avait pas de quoi avoir peur, allez !

Le curé leur imposa silence par un geste bienveillant.

— Ainsi, Fleuriot, reprit-il, si vous n'avez pas d'autre raison que votre inimitié pour Denis père, ce que vous avez de mieux à taire est de renouer ce mariage.

— Mais , balbutia le fermier, Denis exige une dot, et je ne veux plus...

— S'il s'agit d'une somme modeste , peut-être pourrai-je vous venir en aide... En passant à Paris, j'ai appris qu'un de mes parents, mort pendant mon émigration, m'avait laissé quelque bien. J'étais impatient de revenir à Saint-Clair et je n'ai pas voulu attendre le temps nécessaire

pour toucher cette somme. Après avoir donné des pouvoirs à un homme d'affaires , je suis parti à pied , presque sans argent. . . mais on doit adresser à un notaire de Mortagne mon petit capital aussitôt qu'il aura été réalisé ; ainsi , Fleuriot , au lieu de rester longtemps à votre charge , je pourrai peut-être bientôt vous ctre utile à mon tour. , ^f ^ .

L'abbé Duval avait prononcé ces paroles avec simplicité, comme s'il eut proposé la chose du monde la plus ordinaire. ïl ajouta aussitôt en s'adressant à Jeannette :

— Calmez- vous , petite folle. . . Ce n'est pas convenable de pleurer ainsi pour un homme!... Votre oncle, à ma prière, essaiera de renouer ce projet de mariage, si

toutefois on s es! bien assuré à I avance que votre fiancé pourra vous rendre heureuse.

— Oh î oui , monsieur le curé , il me rendratfièrement heureuse, allez î II est si bon, si sage, si honnête!... Il me contait qu'étant petit , il allait en secret avec sa mère entendre vos leçons au catéchisme; mais on ne disait rien à Denis , parce que Denis les aurait battus tous les deux. Ensuite, monsieur le curé, il faudra bien que je prenne Antoine, si je ne veux pas rester fille ; la conscription a enlevé tous les jeunes gars du pays. .. et il n'y a plus que des boiteux ou des bossus...

— Voilà une excellente raison î Cependant, ma fille, la manière dont ce jeune homme a été élevé me donne le désir de

le voir, de l'interroger moi-même Je

veux m'assurer que Denis n'a pas faussé l'esprit et le cœur de votre fiancé...

— Il ne lui a rien faussé du tout, mon-

sieur le curé; mais si vous voulez le voir, ce ne sera pas long, allez ! il n'est pas loin d'ici.

Et elle appela, sans presque élever la voix :

— Antoine î Antoine !

Aussitôt quelqu'un franchit d'un bond la petite haie d'aubépine près de laquelle avait lieu cette conversation et tomba au milieu des assistants , qui poussèrent un cri de surprise : c'était le jeune Denis. Caché derrière le feuillage, à quelques pas des interlocuteurs , il avait pu , grâce

à ses longues jambes et à son agilité, obéir sans retard à l'appel de sa fiancée.

Fleuriot fronça le sourcil ; les' femmes sourirent.

— Voici une nouvelle manière de se présenter en bonne compagnie ! dit gaîmentlecuré; mais il paraît, ajouta-t-il aussitôt d'un ton plus grave, qu'il y avait connivence entre vous C'est mal, enfants, c'est très-mal !

Tous les deux baissèrent la tête d'un air si consterné que l'abbé en eut pitié.

— Eh bien î jeune homme, reprit-il avec moins de sévérité en s'adressant à Antoine tout déconcerté, est-ce avec Tau-

torisation de votre père que vous êtes venu chez Fleuriot?

— Non , monsieur le curé, papa me croit encore dans ma chambre, où il m'a

enfermé ce matin Mais j'ai profité du

moment où il était occupé avec les voisins pour sauter par la fenêtre, et je suis venu voir Jeannette. Je me suis révolté !.. Je suis citoyen libre ! et je sais bien que papa n'a pas le droit de m'empêcher d'ai mer Jeannette. Chaque fois qu'il m'enfermera , je

me sauverai La tyrannie de papa

a duré assez longtemps ; je veux être homme !

— Bien ! l'en tendez- vous? dit le curé à Fleuriot avec un ton d'ironie mélancolique, voilà ce que Denis appelle une édur

cation patriotique, et Dieu sait ce qu'il a eu besoin de coups de martinet pour inculquer de pareils principes à son fils

Mais ce n'est pas ce pauvre garçon qui est responsable, des fautes de son instituteur naturel!.... Eh bien! Antoine, continuat-il, si Ton vous donnait Jeannette pour femme , seriez-vous un mari honnête et

sage?

— Ah ' monsieur ! dit le jeune homme, dont les yeux brillèrent.

— Et si cela arrivait , vous me promettriez d'aimer et de respecter votre père?

— J'aimerais tout le monde, tant je seraïs rontenl !

Le curé demeura pen>if pendant quelques minutes.

— Allons , reprit-il , je crois qu'on ne doit pas désespérer de ce jeune homme; il y a du bon en lui , malgré les torts de son éducation. Décidément, Fleuriot, il faudra chercher à vous entendre de nouveau avec le père Dnnis. D'autant plus, ajouta-t-il en clignant des yeux, que si l'on s'obstinait à les séparer , il pourrait bien survenir quelque affligeant scandale dans la paroisse. Soyez sages, enfants, reprit-il en faisant quelques pas, et avez confiance en Dieu. Mais la matinée est déjà avancée, et les habitants de Saint-Clair doivent être réunis maintenant devant l'église; je vais aller me présenter à eux. . . Priez Dieu, mes

amis, que je ne trouve pas des cœurs secs et endurcis.

On entendait, en effet, sur la place voisine ce bourdonnement sourd qui annonce une foule nombreuse. Le curé boutonna sa vieille .redingbte noire et donna un coup-d'œil à son pauvre costume, afin de s'assurer s'il était en état de paraître en public. Au moment où il s'éloignait ,' Antoine Denis courut à lui tout effaré et le retint par le bras.

— N'y allez pas, monsieur le curé!

dit-il vivement. Je vous en prie , n'y allez pas !

— Pourquoi cela, mon ami?

— Dame! c'est que tout-à-1'heure,

quand j'ai fait le saut, ce n'était pas seu-

lement pour mademoiselle Jeannette ; je voulais aussi vous prévenir de ne pas sortir de toute la journée; on n'osera peutêtre pas venir vous chercher chez Fleuriot, mais si vous sortez, on pourrait vous tarabuster... Mon papa a jacassé toute la matinée avec ses voisins au sujet des vases de l'église; les citoyen* sont exaspérés, fu-

rieux !

— Ce ne serait pas à vous , jeune homme, de trahir les actions de votre père, dit le curé avec quelque sévérité ; cependant , ajouta-t-il aussitôt d'un air plus doux, je vous remercie de cet avis.... j'espère n'avoir rien à craindre de mes anciens paroissiens , et je persiste dans mon désir

de me trouver le plus tôt possible en leur présence.

Jeannette et la gouvernante joignirent leurs instances à celles d'Antoine. Le fermier, qui était resté témoin sombre et muet de cette scène , saisit à son tour la mai» du curé :

— Restez, restez, ! dit-il d'une voix sourde; vous ne savez pas de quoi ils

sont capables Ils vous accusent d'un

vol ! •

— Ignorez - vous, Pierre, que j'ai un moyen certain d'imposer silence à la calomnie y

— Mais mais s'ils vous maltraitaient ?

— Leurs mauvais traitements ne ui'ul-

fraieraient pas, si, après avoir exercé leur fureur sur moi, ils étaient plus disposés à écouter la parole de Dieu... Mais c'est trop nous occuper de moi... Du moment que la calomnie devient sérieuse, mon ministère sacré m'impose le devoir de la combattre sur-le-champ, de peur de scandale Adieu, mes amis; ne me suivez

pas, il vaut mieux que je me présente seul à ces gens irrités ; je vous rejoindrai bientôt.

En même temps il se dirigea de nouveau vers la maison d'un pas précipité.

— Monsieur le curé ! s'écria Fleuriot avec énergie ; monsieur le curé. .. au nom de Dieu !...

Mai* le prêtre sans s'arrêter lui adressa

un sourire plein de sérénité, et disparut dans la maison, qu'il fallait traverser pour se rendre à la place du village.

La gouvernante pleurait et priait à haute voix pour le salut de son maître ; les deux amoureux s'étaient pris la main, mais ils ne se disaient rien. Fleuriot, debout à quelques pas, était en proie à une grande agitation ; son visage était crispé , son œil. hagard.

— Si on le tuait, dit-il à demi-voix, ce serait fini... on ne saurait rien !

Tout-à-coup une immense clameur retentit sur la place de l'Église; il n'y avait pas de doute que l'arrivée subite de l'ancien curé de Saint-Clair au milieu de ses paroissiens n'en fût la cause, car on dis-

tinguait son nom au milieu de hurlements frénétiques.

Ce bruit sinistre parut donner une direction différente aux pensées de Fleuriot ; il bondit en s'écriant :

— Non, il ne faut pas qu'il meure

ce serait indigne!... Que l'on me tue plutôt!... moi, ce serait justice! Je veux le défendre. . . je le défendrai !

Il saisit la bêche , qui , dans ses main& robustes , pouvait être une arme redoutable, puis il s'élança comme un forcené pour aller au secours du vieillard.

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