‹ Le pacte: légende en un acte en versChapitre 19 sur 20 · BERTHE. — LA BARONNE. —ULTIMA · texte numérisé non relu

BERTHE. — LA BARONNE. —ULTIMA

ULTIMA

pâle humanité 1 c'est bien toi, te voilà...

Cari devait se donner pour la femme qu'il aime; Vient-il? non; il a peur... l'homme est toujours le même; Il tremble devant moi ; l'insensé ne sait pas

Quels vastes horizons j'ouvre devant mes pas... Berthe me reste ; allons...

Elle passe avec lenteur de Tautre côté du jardin ; elle se dirige vers Berthe ; & son approche, la jeune fille plie dans les bras de sa mère,

BERTHE

Ah!., ma mère... c'est elle...

Elle est dans un linceul...

Mon enfant!

BERTHE

Elle eét telle Que tantôt. . : la vois-tu?..

LA BARONNE

Qui? je ne vois rien...

Berthe s'affaisse sur elle-même.

Dieul

Elle se penche sur sa fille.

Berthe ?.. elle n'entendplus... et personne en ce lieu ! Au secours! au secours !..

Ultiraa s'est approchée du banc.

Réponds-moi, mon cher ange ; Ne m'épouvante plus par ce silence étrange... Berthe, c*est moi, c'est moi, ta mère... tu sais bien Que je t'aime... tu sais que mon unique bien, C'est toi. . . réponds-moi donc, Berthe. . . tu dois m'entendre... Réponds-moi... j'ai bien peur... ne me fais pas attendre...

Elle prend la main de sa fille et elle se relève d'un bond .

Ah! justice de Dieu! sa main est froide!..

Elle revient près de Berthe ; Ultiraa s'approche.

Non!

C'est impossible !.. Berthe ?. . elle murmure un nom... Elle ne peut mourir, ce n'est pas encor l'heure; Quand on a dix-sept ans. Dieu ne veut pas qu'on meure. Mon enfant ! mon enfant !..

Elle entoure de ses bras le cou de Berthe. Ultima est venue derrière la jeune fille ; elle se penche pour lui donner un baiser, quand la baronne se lève comme frappée d'une idée soudaine. Ultima écoute.

LA BARONNE

Ah I si ce que Ton dit Est vrai; si dans le ciel un jour il fut prédit Que Berthe à dix-sept ans dût mourir, ô Dieu juste 1

Et si pour accomplir votre parole auguste, Un autre, quel qu'il soit, la sauve en se donnant, Je m'offre à vous, je m'offre à vous. Dieu rayonnant! Prenez-moi... que ferais-je ici-bas sans ma fille ? Je n'ai rien qu'elle au monde, ô Seigneur! ma famille C'est elle; mon bonheur, c'est elle encor... pourquoi Vivrai-je, si je dois la perdre?., prenez-moi!

Elle regarde sa fille; Berthe est toujours sans mouvement ; Ultima est debout et immobile derrière elle.

Prenez-moi; j'ai vécu bien longtemps sur la terre, Et je suis presque au bout de mon chemin austère. Vous ne pouvez donc pas m'enlever Berthe, non ! Vous ne le pouvez pas, puisque vous êtes bon. Seigneur I prêtez l'oreille et de votre demeure Vous entendrez la voix de la mère qui pleure. Et dit, ouvrant les bras vers le ciel triomphant. Dieu bon ! prenez la mère et préservez l'enfant ! . .

Cari éperdu arrive précipitamment dans le jardin.

CARL

Berthe! Berthe! 6 mon Dieu!..

Il regarde autour de lui et il vient tomber aux pieds de la jeune flUe ; Franz entre.

Page 1