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cessité, — une pistole sur la table et demanda son cheval.
El tandis qu'on bridait l'animal, il retourna à la croisée, s'y accouda et attacha son regard ardent sur le banc de gazon où naguères elle était assise, demandant au vent qui bruissait dans la tonnelle, à l'air qui en arrivait embaumé, un peu du suave et pénétrant parfum qu'elle avait dû répandre autour d'elle.
Tout a coup il poussa un cri, tressaillit et pâlit... Sur le banc de gazon, à dessein ou par mégarde, la reine de Navarre avait laissé tomber un mouchoir aux armes de France.
Hector l.ésita une miuule, ainsi qu'un
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voleur novice; puis, comme nul ne le voyait, il selança dans le jardin, saisit avidement le mouchoir et le cacha dans son pourpoint.
Une minute après, il était en selle et reprenait la route de Paris.
Il poussa son cheval avec vigueur, mit entre l'hôtellerie et lui une assez grande distance; puis, assuré de netre point aperçu, il tira le mouchoir de son sein et le baisa avec plus d'amour que de respect.
Il le baisa longtemps ainsi, s'imprégnant du parfum qu'elle y avait laissé, fermant les yeux et la revoyant encore, et n'osant plus se dire, comme d'abord :
— Mon amour est insensé ; — et quand un pauvre gentilhomme comme moi ose lever les yeux sur une reine comme elle, il se dresse entre le gentilhomme et la reine une barrière infranchissable : l'échafaud !
Tout a coup le galop d'un cheval retentit sur la route, et le jeune comte vit arriver vers lui un cavalier poudreux et hors d'haleine ; c'était un enfant de seize ans, portant le costume des pages du roi.
— Monsieur cria-t-ilau comte Hector, du plus loin qu'il l'aperçut, navez-vous pas rencontré uue litière ?
— Oui, monsieur, répondit Hector.
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— Avec deux dames ?
— Oui, monsieur.
— Et, demanda le page, dont le visage élait bouleversé, y a-t-il longtemps ? cette litière est-elle bien loin?
— A une lieue au plus, dit le comte.
— Cordieu ! jura le page, je la rattraperai, dussé-je laisser mon cheval en roule. Place, monsieur!
Mais au lieu de se ranger, le comte
Hector mit son cheval en travers de la route et dit au pagv.
— Monsieur, je connais les da^ies que vous poursuivez, je leur doi? respect et dévoûment, et ne vous laisserai passer
oulre que bien convaincu que vous ne leur voulez point nuire.
— A Dieu ne plaise, fit le page. Place, monsieur, je suis pressé.
— Ceci ne suffit point, monsieur, dit impassiblement Hector; je veux savoir ce que vous voulez a ces clames, et votre nom î
Le jeune paire eut un frémisse. nent de colère et porta une main fébrile a la garde de son épée; mais se maîtrisant soudain :
— Le service du roi avant tout, dit-il. Je vous crois gentilhomme, monsieur, et j'ai foi en votre loyauté.
— Vous avez raison, monsieur.
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— Ces dames que vous avez rencontrées en litières sont la reine Marguerite de Valois et la duchesse de Nevers.
— Je le sais. Eh bien?
— Eh bien ! ce matin même, le roi a été frappé d'un mal inconnu et terrible, mal sans remède, à ce qu'on dit, — Miron entre autres, — et le roi qui aime sa sœur jusqu'à l'adoration et craint de mourir, me dépêche vers elle.
— Mordieu! s'écria Hector tout ému de celte fatale nouvelle, courez, monsieur, mais d'abord prenez mon cheval, il est reposé, le vôtre est rendu. Moi, j'ai le temps d'arriver.
Le page accepta sans préambule et
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partit au galop. Pour le jeuue comte, il continua sa route au pas, partagé entre la douleur qu'il éprouvait de la maladie subite du roi et cet amour naissant et déjà immense qui venait de l'embraser tout entier.
Une heure après, il fut dépassé par deux femmes et un homme a cheval, — Marguerite, la duchesse de Nevers et le page qui avaient trouvé des montures fraîches à l'hôtellerie du Chêne couronné. Marguerite était pâle et bouleversée de la nouvelle qui venait ainsi la surprendre; elle passa donc auprès d'Hector sans s'arrêter, mais elle eut le temps de lui jeter un doux sourire et de laisser