‹ Le page du roiChapitre 16 sur 30 · IV. PAO F · texte numérisé non relu

IV. PAO F

échapper son gant parfumé qui, poussé par le vent, vint effleurer son visage et s'arrêta sur l'arçon de sa selle.

Hector se saisit du gant comme il s'était emparé du mouchoir, et mit l'éperon au flanc de sa monture, essayant de suivre la reine et le page, mais le cheval qu'il avait échangé contre le sien était rendu, et il les eut bientôt perdus de vue.

Hector arriva à Paris, la brune tombée; il connaissait de réputation une hôtellerie située sur la rive gauche ée la Seine, au-dessous du bac deNesles, et fort en vogue à celte époque, sous le nom du (Ïrand-Qiarlemaqne.

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Il suivit les quais, s'orientent de son mieux; mais quand il arriva à la hauteur du pont Saint-Michel, où il voulut franchir la Seine, la nuit élait devenue si obscure, qu'il fut contraint d'arrêter son cheval sous un réverbère, et de demander son chemin.

Le passant auquel il s'adressa arrrivait a pas pressés du côté du Louvre, et accueillit assez mal sa demande;

Mais la voix du comte élait polie et sympathique, et le passant leva curieusement les yeux sur lui.

Le comte avait le visage éclairé en plein par le réverbère, — et lepasant l'eut a peine regardé qu'il poussa un cri :

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— Le roi de Pologne ! fit-il,.

— Bon! fit le comte en rian!; tout le monde s'y trompe.

Le passant attacha un œil ardent sur lui.

Sire... balbutia-t-il ; est-ce vous ?

— Hé ! non, mort Dieu î cria Hector impatienté.

— Étrange ! c'est étrange ! murmura le passant. Vous n'êtes pas Henri de Valois, mais vous lui ressemblez comme une goutte d'eau ressemble a une goutte d'eau.

— D'accord, mais m'indiquerez-vous ma route ?

Au lieu de répondre, le passant prit la bride du cheval et dit au comte :

— Venez avec moi.

— Où cela ?

— Au Louvre.

— Qui êtes- vous donc?

— Je suis, répondit le passant, maître René le Florentin, parfumeur et gantier de la reine Catherine de Médicis, et j'ai ma boutique sur le pont Saint-Michel où nous sommes a l'heure qu'il est. Venez !

Le corale Hector était vivement étonné, sans doute, de cette brusque résolution prise par le Florentin de le conduire au Louvre, et un moment il fut sur le point de refuser à le suivre , mais la curiosité e.»l un pui saut aiguillon, et celle du géttv

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tilhomrae était piquée au plus haut degré.

Et puis, le Louvre! c'est là qu'elle était rentrée, là qu'elle était depuis une heure, la que peut-être il la reverrait, grâce à ce dieu des amants qu'on nomme le hasard!

Cette dernière réflexion eût conduit noire héros dans la lune.

Il suivit donc René qui, pour arriver plus vile sauta en croupe derrière lui et donna du talon dans le flanc du cheval auquel il fit prendre le trot bon gré, malgré.

Dix minutes après ils arrivaient à une poterne du Louvre gardée par un suisse.

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Le Florentin se pencha à l'oreille de la sentinelle, lui murmura le mot de passe et entra, prenant Hector par la main et lui disant :

— Abandonnez votre cheval au suisse et laissez -vous conduire.

Hector était aventureux comme un jeune homme de vingt-cinq ans amoureux et brave. Le Florentin l'eût conduit a l'une de ces oubliettes célèbres, que la reine Catherine avait semées ça et Ta à travers les sombres et silencieux corridors du Louvre secret, qu'il eût suivi le Florentin avec une aveugle confiance.

Il avait une main dans la main de René, l'autre à la garde de son cpée,

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son guide et son glaive! Avec cela il fût allé au bout du monde pour y chercher un simple sourire de la reine de Navarre. René l'entraîna dans un couloir humide, ténébreux où, tout seul, le jeune comte eût inévitablement bronché a tout pas ; puis il lui fil gravir un escalier tournant et étroit, au bout duquel ils se trouvèrent dans un nouveau corridor également obscur, également nuisib'e el dans lequel le Florentin s'engagea sans hésitation.

— Ah ! ça, murmura le comte intrigué, où diable me conduisez-vous?

— Silence, fit le parfumeur à voix basse.

Puis, s'arrêtaiit tout à coup, il ajouta :

— Attendez-moi la !

Et il s'échappa daus les ténèbres. Une seconde après, une porte s'ouvrit, un rayon de lumière arriva jusqu'au comte, puis la porte se referma, le rayon s'éteignit, et l'obscurité redevint complète.

Avant d'aller plus loin, disons en quelques lignes ce qui s'était passé au Louvre dans la journée.

C'est de l'histoire, et de l'histoire populaire que nous allons analyser :

Le matin de ce jour, vers neuf heures, le roi Charles IX descendit de son laboratoire de serrurerie et d'orfèvrerie où il avait travaillé depuis le lever du so-

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leil avec son favori le ciseleur Andréa Pisoni, et il annonça qu'il voulait chasser le jour même à Saint-Germain.

Tandis que la cour était en émoi et que messire le grand-veneur donnait ses ordres, le roi entra dans l'appartement occupé par le roi de Navarre, son beaufrère, ne 1 y trouva point, mais aperçut sur un dressoir un livre de fauconnerie dont les pages étaient collées ensemble.

Le roi était un chasseur passionné, et tout ce qui touchait à la vénerie l'interressait fort. Il ouvrit le livre avidement, et avec son doigt, qu'il mouilla a plusieurs reprises, il détacha les pages collées et les feuilleta l'une après l'autre,

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Une demi-heure après on sonna le départ, le roi monta à cheval et arriva à Saint-Germain sans accident. Mais les chiens étaient à peine découplés que Sa Majesté qui avait lancé sa monture au galop, éprouva un violent mal de tète, s'arrêta et cria : « Je suis un homme mort! » On ramena en effet, Charles IX mourant au Louvre. Miron, son médecin ordinaire, fut appelé sur-le-champ, il examina la langue du roi, la trouva chargée de pustules verdâtres et lui dit : « Sire, vous êtes empoisonné! »

Le roi pâlit, puis se remit aussitôt.

— As-tu quelque espoir de me sauver?

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