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— Nolra homme est exact, pensa le duc d'Alençon en se précipitant dans le grand escalier pourvoir arriver le faux Henri III.
— Le Béarnais ne régnera pas! murmura la reine-mère en accourant à son tour.
Un homme poudreux et crotté, mais ayant fîère mine et grand air, selon l'expression du temps, montait lentement les degrés du grand escalier, le chapeau sur la tête, comme c'était son droit, et traversait une double haie de courtisans tète nue.
A sa vue, la reine-mère et son fils poussèrent un cri, l'une detonnement l'autre de rage et de désespoir.
Cet homme qui montait ainsi les degrés du Louvre, cet homme qui arrivait pâle et hautain, ce n'était point celui qu'ils attendaient tous deux, le sosie du roi de Pologne.
Cet homme, c'était le roi lui-même!
Le vrai roi, qui passa fier et triste devant les empoisonneurs qu'il salua a
peinr, le vrai roi. qui marcha droit au
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lit du roi défunt sur le corps duquel Marguerite pleurait agenouillée, qui posa sa main royale sur le cœur de ce roi mort et qui dit d'une voix vibrante et pleine de terrible menace en jetant aux coupables un foudroyant regard :
— Sire roi, mon frère, je vais m'enquérir des causes de ton trépas, et si de maie mort tu es mort, moi, le roi, je te
vengerai!
Catherine et son fils s'enfuirent épouvantés, et Henri de Valois, maintenant
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Henri III, demeura seul auprès du cadavre avec sa sœur qui pleurait.
Mais soudain, Marguerite releva la tète, écarta sa chevelure en désordre, essuya ses yeux noyés, et regardant son frère :
— Qu'avez-vous fait d'Hector ?deraanda-t-elle.
— Hector, répondit le roi, est le plus noble et le plus brave gentilhomme de mon royaume.
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— Où est-il ? fit-elle vivement.
— Je l'ai laissé en Pologne.
— Ah ! fit Marguerite frissonnante.
— Vous pâlissez ! qu'avez-vous ?
— J'ai, ût-elle d'une voix brisée} j'ai... qu'il est perdu.
— M moi, dit le roi, je vous reponds de la loyauté des Polonais.
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— Me répondez-vous aussi dû poignard qui vous était destiné, et qui, selon toute apparence, l'atteindra?
— Que voulez-vous dire ? s'écria le roi.
— Je veux dire qu'une heure avant son arrivée en Pologne, un homme a du arriver qui portait au tribunal des francsjuges un poignard destiné au roi de Po-
logne.
— Et qui donc envoyait cet homme?
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ût le roi, se redressant, et secouant ses longs cheveux comme un lion sa crinière.
— Mon frère, dit sourdement Marguerite, nous sommes une race maudite, et le nom de Valois abrite des empoisonneurs et des assassins !
Un terrible éclair passa dans les yeux du roi :
— Sois tranquille, dit-il, je sais un \ersetdes Écritures qui dit : Celui qui a frappé de l'épée périra par Vêpée»
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Le lendemain, la reine-mère fut exilée à Tours et le duc d'À^ençon dans ses terres.
Marguerile de Valois aimait Hector; Marguerite attendit, espéra, souffrit...
Elle énuisa d'immenses et navrantes douleurs, elle versa des larmes brûlantes qui eussent guéri peut-être la blessure béante qu'Hector avait a la poitrine, si Hector eût été Ta...
Mais deux, trois jours s'écoulèrent, aucun messager, aucune nouvelle n'arriva de Pologne .
Semblable à un fanlôme, Marguerite errait, le jour, l'œil sec et enflammé, la gorge aride, le geste insensé, à travers ce Louvre aride où la mort fauchait, implacable, les princes et les rois ; la nuit, elle s'éveillait en sursaut, et jetait un cri d'épouvante, car il lui semblait voir sans cesse un homme pâle et sanglant s'approcher d'elle avec un couteau clans la poitrine.
El cet homme, c'était Hector.
Enfin, le quatrième jour, comme le roi venait de se lever et de passer
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dans l'appartement de sa sœur , un tumulte inusité se fit dans le palais, et un homme poudreux, haletant, défait, gravit l'escalier de Henri II, arrachant de singuliers cris d etonnemenl aux gentilshommes et aux soldats qu'il rencontrait et qui disaient :
— Je viens de quitter le roi, et voici qu'un autre roi monte les degrés du Louvre !
Cet homme se fit conduire par un page, qui le prit pour le vrai roi, a l'appartement de la reine de Navarre, et s'arrêta
chancelant , épuisé , mourant sur le seuil...
A sa vue, le roi et Marguerite pousrèrent un cri, se précipitèrent et le reçurent dans leurs bras.
— Marguerite, murmura-t-il, j'ai eu la force de venir jusqu'à vous... je mourrai sur votre sein... Dieu est bon.
Le roi le prit dans ses bras et le porta sur un lit, puis il voulut s'empresser et lui donner les premiers soins; — mais
Marguerite — folle et brisée, le repoussa en lui disant :
— S'il doit vivre, je veux le soigner seule; s'il doit mourir, seule je veux recueillir son dernier souffle, entendre son dernier mot, m'abreuver de son dernier sourire...
— Mais, insista le roi éperdu, c'est le fils d'un homme que j'appelais mon père, il s'est dévoué pour moi... je lui dois ma couronne... c'est mon frère !
— C'est mon amant! répondit Marguerite avec exaltation.
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Et elle repoussa le roi violemment et alla eoller ses lèvres ardentes sur la bouehe crispée du comte Hector.
Ce premier moment de folle tendresse passé, Marguerite, redevenue plus calme, fit appeler Miron.
Miron sonda la blessure, l'examina longtemps, secoua la tète et dit :
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— La vie de ce jeune homme tient a un fil, Dieu veuille que ce fil ne rompe pas.
— Oh! dit Marguerite frissonnante, que faut— il faire?
— Il faut, répondit Miron, que sans retard et avec toutes les précautions possibles, on le transporte dans son pays ; l'air natal peut seul le sauver.
— Il partira, setria-t-elle, et je le conduirai.
— Vous, fit Miron étonné.
— La vie d'un homme qui a fait un roi de France vaut tous les sacrifices du monde, dit une voix derrière Miron.
Miron se retourna : c'était Henri III.
Le lendemain-, Hector de Furraeyer «'■puisé, mourant, mais un sourire d'espoir aux lèvres et pressant dans ses mains les mains du Marguerite de Va-
lois, était porté en litière sur la route du Dauphiné.
Miron était du voyage et suivait son malade.
— Madame, dit-il tout bas a Marguerite, au moment où ils sortaient du Louvre, vous aimez ce jeune homme, D'est-ce pas?
— Oui, dit Marguerite, rougissante.
— Eh bien! dit Miron, songez bien
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à ceci : votre amour peut le tuer.
Marguerite frissonna.
— Je serai forte, dit-elle.