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OU COQUELICOT FAIT UNE RENCONTRE

Coquelicot prit le chemin äe l’hôtellerie de la Croix du Trahoir, réfléchissant profondément sur la métamorphose de son jeune maître, et ébahi de sa nouvelie équipée.

—Si M. le chevaïier est vivant encore dans trois mois, + — murmurait-il, il aura une fière chance. Au train dont il mène sa peau et ses aventures, un homme de fer n° ÿ

résisterait pas. Comment diable va-t-il donc faire pour

pénétrer chez la soeur du vicomte ?

Tandis que Coquelicot faisait cette réflexion, il passait devant le porche de Saint- Germain-l’Auxerroïs, La petite place était déserte; aucun bourgeois attardé, aucun gentilhomme en excursion galante n’avait jugé convenable de venir y respirer l’air frais de la nuit, en contemplant les arceaux gothiques de la vieille église “et les pignons voisins du Louvre.

Cependant l'oeil de Coquelicot, ce petit oeil rond et perçant qui découvrait tout, remarqua sous le porche

un homme immobile comme une de ces statues de pierre . que le moyen-âge aimait à placer dans leurs niches, sur

les murs extérieurs des cathédrales.

—Oh! oh! dit l’honnête écuyer, serait-ce un PAU

ou un amoureux? puisque mon maîter court les aventu-

j'en veux faire autant, moi aussi.

Lt Coquelicot s’approcha.

. L’aomme ne bougea ét ne parut point le voir.

: Coguelicot approch& encore; l'inconnu garda son immobilité de statue.

—Hé! l'ami, lui dit Coquelicot faisant un dernier pas, que faites-vous donc là ?

—Que vous importe? répondit brusquement l’homme du porche.

—Ma foi, dit Coquelicot allant tout droit à lui, vous avez raison, cela mimporte peu, maïs si je pouvais vous être utile.

Coquelicot remarqua aicrs que l’inconnu serrait un poignard dans sa main crispée, et, comme Coquelicot était un homme prudent, il s’assura que son épée jouait aisément dans sa gaine.

Mais il continua à “approcher, et se trouva face à face avec l’irconunu, dont un rayon de la lune éclairait le visage.

—Aventurino ls’écria-t-il en reculant d’uu pas, et saisi d’une pensée superstitieuse.

Un sourire, où le désespoir se peignaïit bien mieux que tout autre sentiment, passa sur les lèvres de l’inconnu.

—Je ne suis pas Aventurino, dit-il.

—4ÂAlors, s’écria Coquelicot, tu es donc un fantôme ?

Et Coquelicot parlait en homme convaincu qu’il avait Gevaut lui l’ombre du reître que le chevalier Fleur-de- Mai avait, quelques heures auparavant, expédié dans l’auire monde.

—Je suis son frère, dit l’homme au poignard d’une voix sourde. $ Ces quatres mots produisirent sur Coquelicot un merveilleux effet. Il avait cru voir l’ombre @’Aventurino trépassé, et, superstitieux comme tous les hommes dont

— Véducation a 6t6 fort négligée, il avait été saisi d’ur

ons de crainte ; anse lorsqu'il sut avoir Lund

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