ACTE PREMIER
T U R E L U R E — Je lui avais recommandé de rester là-bas !Je vous avais prié de lui écrire. Nous n'avons pas besoin de lui !
LUMÎR —J'ai écrit.
TURELURE — Je n'ai rien à lui dire ! Je ne veux pas le voir.
LUMIR — J'en tire bon augure pour le succès de ma requête.
TURELURE, sec. — Toujours ces dix mille francs ?
LUMIR — Vingt mille, s'il vous plaît.
TURELURE — Vingt mille, mon petit monsieur? Comme jvous êtes gentille dans votre grande redingote !
LUMIR — Il a une grosse échéance. S'il ne peut l'honorer, on saisit tout.
TURELURE — Est-il si mal en point ?
Ces usuriers sont de vrais arabes.
LUMIR — On dit que vous êtes d'accord avec eux. C'est ainsi que vous lui avez repris les biens de sa mère.
TURELURE — C'est faux, je veux dire c'est vrai. Mais, où est le mal?
Coûfontaine n'est pas à lui, ni à moi.
C'est le bien de la famille. Où est le mal que j'aie voulu l'abriter des fantaisies d'un prodigue ?
LUMÎR — Ne le poussez pas au désespoir.
TU RE LU RE — 11 lui reste l'armée. Il y retrouvera son grade.
Je suis un père, que diable ! Je l'aime. Diteslui bien que je l'aime. Dites-lui que je m'intéresse -à son avancement.
LUMÎR — C'est de l'argent qu'il veut.
TURELURE avec dégoût. — L'argent, ah î
LUMÎR — H est prêt à vous donner huit pour cent.
TURELURE — Non ! C'est un mauvais service à lui rendre que de l'encourager dans cette entreprise absurde. Il n'y a rien à faire en Algérie. Pas d'argent !
LUMIR, baissant les yeux. — Je voudrais le mien aussi.
TURELURE — Ce n'est pas moi qui l'ai pris.
LUMÎR, levant les yeux sur lui. — Faites cela pour moi, Monsieur le Comte !