ACTE PREMIER TURELURE — Bon. J'aime mieux ce ton-là
L U M / R — Je ne vous croyais pas si méchant.
TURELURE — Cent fois non î Je suis un bien bon homme. Doux, doux, flasque. Mou comme de la purée de citrouille.
L U M î R — Vous pouvez plaisanter, c'est plus vrai que vous ne vous en doutez.
TURELURE — Quoi ? Je ne vous fais pas peur.> On m'a toujours dit que j'avais l'air d'un loup.
L U M î R , avec douceur, — Je vous trouve l'air d'un mouton. Un vrai Champenois. Et le bas de la figure est si drôle I
Vos deux lèvres sont comme des marionnettes qui se poursuivent et qui disent tout ce que vous pensez quand vous n'y pensez pas.
TU RE LU RE, ff^'. — Merci. Vous oubliez à qui vous parlez.
L U M î R — Monsieur le Comte, je sais ce que je vous dois.
TURELURE — Et donc que je ne vous dois rien.
' L U M I R — Je ne vous demande pas de me devoir quelque ciiose.
TURELURE — Mademoiselle ma fille, mon petit bonhomme, il vaut mieux que je vous ôte aussitôt quelques idées de la tête.
Je ne vous rendrai pas ces dix mille francs.
L U M 1 R — Vous m'avez fait espérer autre chose.
TURELURE — La politique de Sa Majesté a changé.
L U M î R — Quoi ! C'est une question de politique ?
TURELURE. — L^autre jour, nous n'étions pas au mieux avec votre souverain légitime.
C'est le Czar que je veux dire.
Une bonne petite conspiration à Varsovie... Eh, mon Dieu, il n'aurait pas été si mauvais de lui faire sentir la pointe.
LUMIR — Et au besoin, on gagnait la reconnaissance de mon souverain légitime