‹ Le pain durChapitre 11 sur 60 · ACTE PREMIER TURELURE — Bon. J'aime mieux ce ton-là · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER TURELURE — Bon. J'aime mieux ce ton-là

L U M / R — Je ne vous croyais pas si méchant.

TURELURE — Cent fois non î Je suis un bien bon homme. Doux, doux, flasque. Mou comme de la purée de citrouille.

L U M î R — Vous pouvez plaisanter, c'est plus vrai que vous ne vous en doutez.

TURELURE — Quoi ? Je ne vous fais pas peur.> On m'a toujours dit que j'avais l'air d'un loup.

L U M î R , avec douceur, — Je vous trouve l'air d'un mouton. Un vrai Champenois. Et le bas de la figure est si drôle I

Vos deux lèvres sont comme des marionnettes qui se poursuivent et qui disent tout ce que vous pensez quand vous n'y pensez pas.

TU RE LU RE, ff^'. — Merci. Vous oubliez à qui vous parlez.

L U M î R — Monsieur le Comte, je sais ce que je vous dois.

TURELURE — Et donc que je ne vous dois rien.

' L U M I R — Je ne vous demande pas de me devoir quelque ciiose.

TURELURE — Mademoiselle ma fille, mon petit bonhomme, il vaut mieux que je vous ôte aussitôt quelques idées de la tête.

Je ne vous rendrai pas ces dix mille francs.

L U M 1 R — Vous m'avez fait espérer autre chose.

TURELURE — La politique de Sa Majesté a changé.

L U M î R — Quoi ! C'est une question de politique ?

TURELURE. — L^autre jour, nous n'étions pas au mieux avec votre souverain légitime.

C'est le Czar que je veux dire.

Une bonne petite conspiration à Varsovie... Eh, mon Dieu, il n'aurait pas été si mauvais de lui faire sentir la pointe.

LUMIR — Et au besoin, on gagnait la reconnaissance de mon souverain légitime

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