ACTE PREMIER
En lui donnant quelques indications bienveillantes.
TURELURE — Comme vous dites. Eh bien ! notre politique a changé. La Pologne ne nous intéresse pas. Ces gens-là ne sont que des émeutiers.
L U M I R — Comme les héros des Trois Glorieuses !
TURELURE — Honneur à ces défenseurs de la Constitution !
L U M I R — Vous respectez les lois ?
TURELURE — Chacun son rôle. Le mien est de les faire.
L U M 1 R — C'est bien. Il ne me reste donc plus qu'à partir.
TURELURE — Où cela ?
L U M I R — Là-bas. II faut que je rende mes comptes, pour mon frère et pour moi.
TURELURE — Vous laissez ainsi votre fiancé ?
L U M î R — Il n'est pas mon fiancé tant que ça. Je me dois d'abord à d'autres.
TURELURE — C'est vous qui allez déli-
vrer la Pologne, n'est-ce pas ?
LUMÎR —Oui.
TURELURE — Le Czar n'a plus qu'à retenir une petite villa sur les bords du lac de Genève, quelque pension « mit frûbstuck ». Voilà Mademoiselle qui se met en marche comme une armée.
LUMIR — Le jour est venu.
TURELURE — C'est elle qui va venir à bout de trois Empires avec ses grands yeux bleus et ses petites mains dans son manchon en imitation de lapin,
{Elle le regardé).
Pourquoi me regardez-vous ainsi avec ces yeux qui n'expriment rien et qui sont parfaitement incapables de comprendre quoi que ce soit? On ne sait jamais ce que vous pensez.
LUMIR — Rendez-moi cet argent.
T U R E L U R E — Non !
LUMIR — Croyez-vous que je n'aie pas assez d'ennemis sans vous?
TURELURE — Je ne suis pas votre ennemi.