‹ Le pain durChapitre 12 sur 60 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

En lui donnant quelques indications bienveillantes.

TURELURE — Comme vous dites. Eh bien ! notre politique a changé. La Pologne ne nous intéresse pas. Ces gens-là ne sont que des émeutiers.

L U M I R — Comme les héros des Trois Glorieuses !

TURELURE — Honneur à ces défenseurs de la Constitution !

L U M I R — Vous respectez les lois ?

TURELURE — Chacun son rôle. Le mien est de les faire.

L U M 1 R — C'est bien. Il ne me reste donc plus qu'à partir.

TURELURE — Où cela ?

L U M I R — Là-bas. II faut que je rende mes comptes, pour mon frère et pour moi.

TURELURE — Vous laissez ainsi votre fiancé ?

L U M î R — Il n'est pas mon fiancé tant que ça. Je me dois d'abord à d'autres.

TURELURE — C'est vous qui allez déli-

vrer la Pologne, n'est-ce pas ?

LUMÎR —Oui.

TURELURE — Le Czar n'a plus qu'à retenir une petite villa sur les bords du lac de Genève, quelque pension « mit frûbstuck ». Voilà Mademoiselle qui se met en marche comme une armée.

LUMIR — Le jour est venu.

TURELURE — C'est elle qui va venir à bout de trois Empires avec ses grands yeux bleus et ses petites mains dans son manchon en imitation de lapin,

{Elle le regardé).

Pourquoi me regardez-vous ainsi avec ces yeux qui n'expriment rien et qui sont parfaitement incapables de comprendre quoi que ce soit? On ne sait jamais ce que vous pensez.

LUMIR — Rendez-moi cet argent.

T U R E L U R E — Non !

LUMIR — Croyez-vous que je n'aie pas assez d'ennemis sans vous?

TURELURE — Je ne suis pas votre ennemi.

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