ACTE PREMIER ^ Elle a obtenu ce qu'elle voulait
TURELURE — On obtient toujours de moi «ce qu'on veut.
S I C H E L — Lorsque l'on sait s'y prendre.
TURELURE — Qui a dit à Louis de venir?
S 1 C H E L — Mais je ne sais pas s'il vient.
TURELURE — J'espère que non. J'ai horreur des scènes et des violences! Il n'y a rien de si •dangereux pour moi.
S I C H E L — Avez-vous peur de lui ?
TURELURE — Je suis vieux et je n'aime pas les violences.
S l C H E L — Que craignez-vous quand Lumîr va au-devant de lui avec ces bonnes nouvelles ?
TURELURE — Ma fille chérie, crois-tu vraiment que je me suis laissé ainsi entortiller ?
S I C H E L — Plus que tu ne penses peut-être, mon vieux Toussaint 1
TURELURE — Qyand il me tuerait, il n'aura pas un sou de moi.
SICHEL — Va, donne lui ces dix mille francs.
LE PAIN DUR TURELURE — Quand il me tuerait, il n'aura pas un sou de moi !
S I C H E L — Il ne songe pas à tuer son père,
TURELURE — Nous verrons bien qui crèvera le premier.
S I C H E L — Tout de même vous êtes le plus vieux.
TURELURE — Pas si vieux qu'il croit.
(// rit sèchement}
S I C H E L — Allons, parle, vieux loup, et ne fais pas l'idiot.
TURELURE — Tu as entendu ces dernières paroles qu'elle disait?
S I C H E L] — Oui, et elles étaient peu flatteuses^ quoique vraies.
TURELURE — Je pense que c'est pour toi qu'elle les disait. Il me semble qu'elle me serrait quelque peu les doigts en même temps.
S I C H E L — Alors, c'est ton mariage que tu m'annonces avec elle ?
TURELURE — Qui sait?
(// rit)