‹ Le pain durChapitre 21 sur 60 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

S I C H E L — C'est cela ce que tu vas mettre dans la main à ton fils ?

TURELURE — Ou peut-être lui écrire, quand il sera parti.

S I C H E L — L'âge rend les gens imbéciles. TURELURE — Une certaine imbécillité n'est pas inutile à l'agrément de l'existence. S I C H E L — Non, tu en as ta part !

TURELURE — Cette union immorale avec une Juive coûtait à ma conscience.

SICHEL — A ta conscience ?

TURELURE — A ma conscience. J'ouvre les yeux enfm.

J'ai eu des torts envers vous. Je vous ai séduite.

SICHEL — 11 est vrai. Je n'ai pas su vous résister.

TURELURE — Moi non plus. J'ai brisé votre carrière d'artiste.

Ah, j'ai eu de grands torts envers vous ! Le meilleur moyen pour moi de les reconnaître est de ne pas essayer de les réparer.

SICHEL — Cest un coup bien sensible pour moi.

TURELURE — Vous m'en voyez transpercé.

SICHEL' — J'ai bien dit que l'âge t'a rendu idiot.

TURELURE — Peut-être qu'il te rendra polie.

SICHEL — Tu vivras toujours, n'est-ce pas?

TURELURE — Je l'espère de toutes mes forces. L'expérience m'apprend que je survis à tout le monde.

SICHEL — Ce n'est pas l'avis de ton médecin.

TURELURE — J'en prendrai un autre.

SICHEL — Ni de ton fils sans doute.

TURELURE — Faudra bien qu'il s'y accoutume.

SICHEL — Si tu meurs, ayant épousé cette petite, — si tu meurs, dis-je...

TURELURE — J'ai bien entendu ! ce n'est pas la peine de répéter.

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