ACTE PREMIER
S I C H E L — Je dis que si tu meurs. . .
TURELURE — Non, je ne mourrai pas.
SICHEL — Tu laisseras une riche héritière.
TURELURE — Il ne peut pas l'épouser.
Le Code le lui défend.
SICHEL — Bah!
TURELURE — Je n'aime pas les conjectures qui ont ma disparition pour point de dépajt.
SICHEL — Je suis sûr que vous n'avez pris aucunes dispositions.
TURELURE — J'ai bien le temps d'y songer.
SICHEL — Tout revient en ce cas à votre fils.
TURELURE — Non, ça serait trop bête!
SICHEL — Ou bien alors vous laissez tout à votre épouse, dernière survivante.
TURELURE — J'aurai un enfant d'elle.
SICHEL — Peut-être.
TURELURE — J'en aurai trois. J'ai lu cela dans ses yeux.
SICHEL — Oui dà!
TURELURE — Ce ne sera pas une hybridation comme la nôtre.
SICHEL — Ne lui donne pas trop d'intérêt à ta disparition.
TURELURE — C'est pourquoi je veux me couvrir.
SICHEL — Ne te mets pas à sa merci.
TURELURE — Je crois que je me ferai aimer de cette petite.
SICHEL — ... D'elle et de son amant.
TURELURE — Va-t-en au diable !
SICHEL — Que tu es simple ! Ce voyage^ n'est-ce pas ? c'est une chose toute naturelle?
Et c'est une chose toute naturelle aussi, cette irruption du militaire, comme dans les comédies, l'arme au poing qui se présente à point nommé.
TURELURE — Je me demande ce qu'il vient faire ici.
SICHEL — Il vient réclamer ses dix mille francs.
Plus dix autres mille dont il a un besoin pressant.