ACTE DEUXIEME
Comme une petite statue de l'Espérance et de la Victoire !
Et tous ces hommes fiers autour de moi, les sabres dégainés, criant hourra !
LOUIS — Eh bien ! Qiie serait-il arrivé s'ils :avaient réussi? Un pays comme celui que vous voyez autour de vous,
Des journaux, des ministres, un parlement et toutes ces choses inexprimablement dégoûtantes,
Le jeu des intérêts, l'opinion publique, l'essor des forces économiques. Pots de vin, raffineries, Sociétés par actions.
Des hommes sur vous comme Toussaint Turelure et comme Ali Habenichts.
Croyez-vous que je sois le fils ou le compatriote de ces gens-là ? Il n'y a plus d'autre patrie que soi-même.
La Pologne n'a pas réussi ? Tant mieux ! 11 y a bien assez de patries comme cela !
L U M 1 R — Vous parlez comme Sichel.
LOUIS — Son père vaut le mien.
L U M I R, suave. — Quand je l'aurai épousé...
LOUIS — Plaît-il?
LE PAIN DUR L U M I R — Quand j'aurai épousé le Comte de Coûfontaine, votre père,...
LOUIS — Vous serez une belle-mère tout à fait charmante.
L U M î R — Je dis que quand j'aurai épousé votre père,
Je serai bonne pour vous, Louis !
Nous nous intéresserons à vous. Nous mettrons un peu d'argent dans vos cultures. Nous vous recommanderons au Gouverneur.
LOUIS — Ce sera beau. Toutefois, il pourrait arriver quelque chose auparavant.
L U M I R — Quelque chose ? Tu es bien incapable de rien faire, lâche !
LOUIS — Je ne suis pas un lâche !
LUMIR — Tu veux une femme et tu es incapable de la défendre !
Es-tu un homme? Est-ce que tu te laisseras marcher sur le ventre jusqu'à la fin ? Est-ce que tu te laisseras éternellement chevaucher par ce vieux cadavre?
Ce n'est pas assez de tes biens? Tes biens que