‹ Le pain durChapitre 32 sur 60 · ACTE DEUXIÈME tu t'es faits toi-même sans qu'il y soit pour un 50U · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME tu t'es faits toi-même sans qu'il y soit pour un 50U

C'est ta femme qu'il veut à présent ! C'est moi qu'il vient te prendre sous ton nez !

LOUIS — Il ne l'aura pas.

L U M î R — 11 a déjà tes biens. C'est lui qui fera la vendange cette année.

Et toi, on te payera trois francs par jour pour les gros travaux et le sulfatage.

LOUIS — Ne me rends pas fou !

LUMIR — Maintenant, c'est ta femme qu'il va prendre aussi et je suis à lui.

LOUIS — Il ne l'a pas prise encore.

LUMIR — Il ne l'a pas prise encore?

Lève-toi, bombre ! lève-toi, je te dis!

LOUIS — Malheur à toi, si je me lève !

LUMIR — Crois-tu que j'ai peur, Capitaine! Capitaine Louis Napoléon Ture-

lure-Coûfontaine !

Lève-toi, lève-toi que je te regarde! Coûfon-

taine, Coûfontaine...

{Elle rit aux éclats).

LE PAIN DUR LOUIS, sombre. — Adsum.

{Il se lève).

L U M I R — Tu es un lâche et je te crache à la figure !

(Silence), LOUIS, bas. — Lumîr, assez.

L U M I R , j mi-voix, entre ses dents. — Lâche \ lâche !

LOUIS — Assez, petite furie !

LUMIR, de même. — Rends-moi mes dix mille francs, voleur !

LOUIS — Tais-toi et laisse-moi réfléchir.

LUMIR — Louis! Caballero! Écoute-moi^ soldat de la Légion Etrangère !

Tous les deux nous avons servi sur la terre d'Afrique, sous un drapeau qui n'est pas le nôtre, pour une cause qui ne nous intéresse pas,

Pour l'honneur du Corps,

Sans amis, sans argent, sans famille, sans maître, sans Dieu,

Estimant que ce n'est pas trop de l'esclavage pour payer cette demi-liberté !

Il reste l'Honneur !

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