ACTE DEUXIÈME vous tort? Mon père, pourquoi me faites-vous la guerre
C'est bien, vous avez le dessus et me voici prêt h composer.
TURELURE — Tu es mon fils unique et mes sentiments pour toi sont ceux du plus tendre intérêt.
LOUIS — Quittez ce ton.
TURELURE, grinçant des dents — Et toi^v tu voudrais m'ôter la vie si tu le pouvais !
LOUIS — Pourquoi faites-vous que je ne puisse aller nulle part sans que vous me barriez la route?
TURELURE — Il ne fallait pas me réclamer cet argent de ta mère à ta majorité. Je ne pouvais te le laisser dissiper.
Et ce que tu jetais, il valait autant que je fusse là pour le ramasser.
LOUIS — Je n'ai pas jeté d'argent et ma vie est dure. Je ne suis pas un homme de plaisir.
TURELURE — Tu es un homme de chimère, donnant ce qu'il a pour ce qu'il n'a pas.
LOUIS — Je suis un homme de conquête.
LE PAIN DUR Qui m'y a forcé? Je n'ai eu ni père ni mère. Tout ce que j'ai, il me fallait le tenir de moi-même.
TURELURE — Tu oublies la fortune que tu as reçue de moi.
LOUIS — Reprise de force, mon père, à grand appareil de papier timbré.
TU RELURE — Ne t'étonne donc pas que j'essaie de la rattraper.
LOUIS — Vous n'y êtes de rien. C'est le bien de ma mère qu'elle avait reconstitué à grand labeur.
TURELURE — De rien ? Tu dis que je ne suis de rien dans Coûfontaine ?
Mort de ma vie! J'en suis fait et je l'ai dans les os ! qu'est-ce auprès de moi que ces comtes toujours absents, coupés de tous les sangs de France et d'Europe, ces produits de haras et de chenil ?
•^ Ah, ça me faisait pitié que de voir cette bonne terre de France fondre et frire comme du beurre sur le sable d'Afrique 1
Je suis plus Coûfontaine que toi !