‹ Le pain durChapitre 35 sur 60 · ACTE DEUXIÈME vous tort? Mon père, pourquoi me faites-vous la guerre · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME vous tort? Mon père, pourquoi me faites-vous la guerre

C'est bien, vous avez le dessus et me voici prêt h composer.

TURELURE — Tu es mon fils unique et mes sentiments pour toi sont ceux du plus tendre intérêt.

LOUIS — Quittez ce ton.

TURELURE, grinçant des dents — Et toi^v tu voudrais m'ôter la vie si tu le pouvais !

LOUIS — Pourquoi faites-vous que je ne puisse aller nulle part sans que vous me barriez la route?

TURELURE — Il ne fallait pas me réclamer cet argent de ta mère à ta majorité. Je ne pouvais te le laisser dissiper.

Et ce que tu jetais, il valait autant que je fusse là pour le ramasser.

LOUIS — Je n'ai pas jeté d'argent et ma vie est dure. Je ne suis pas un homme de plaisir.

TURELURE — Tu es un homme de chimère, donnant ce qu'il a pour ce qu'il n'a pas.

LOUIS — Je suis un homme de conquête.

LE PAIN DUR Qui m'y a forcé? Je n'ai eu ni père ni mère. Tout ce que j'ai, il me fallait le tenir de moi-même.

TURELURE — Tu oublies la fortune que tu as reçue de moi.

LOUIS — Reprise de force, mon père, à grand appareil de papier timbré.

TU RELURE — Ne t'étonne donc pas que j'essaie de la rattraper.

LOUIS — Vous n'y êtes de rien. C'est le bien de ma mère qu'elle avait reconstitué à grand labeur.

TURELURE — De rien ? Tu dis que je ne suis de rien dans Coûfontaine ?

Mort de ma vie! J'en suis fait et je l'ai dans les os ! qu'est-ce auprès de moi que ces comtes toujours absents, coupés de tous les sangs de France et d'Europe, ces produits de haras et de chenil ?

•^ Ah, ça me faisait pitié que de voir cette bonne terre de France fondre et frire comme du beurre sur le sable d'Afrique 1

Je suis plus Coûfontaine que toi !

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