ACTE DEUXIEME
LOUIS — Je ne suis ni Tureiure ni Coûfontaine.
TURELURE — Tu es Tureiure, le front et le nez sont les miens.
La bouche fine et dessinée est celle de ta mère. Quelque chose d'assez simple.
LOUIS — C'est à cause de la bouche que vous me haïssez ?
TURELURE — Non, c'est à cause du nez v / et du front.
LOUIS — Un père se réjouirait d'être ainsi continué.
TURELURE — Qu'est-ce qu'il y a à conti- "/ nuer? Il n'y a pas besoin de deux Tureiure. Et moi, à quoi est-ce que je sers, alors?
LOUIS — Je ne suis pas Tureiure.
TURELURE — Tu l'es. Tu te sers de la ,/ même figure que moi et ton âme fait les mêmes plis.
Je te comprends à fond, et ne dis pas que tu ne me comprennes pas aussi! ça bouge ensemble.
Ou sinon je ne verrais pas ce regard dans tes
yeux. (Bon, je ne te veux pas de mal). C'est cela qui nous fait du mal à tous les deux.
Tu es le Turelure concurrent et successeur.
Il n'y a pas là de quoi se fondre d'amour et de bénignité ! Quoi ! je me^ défends!
LOUIS — J'ai mis exprès la mer entre vous et moi.
TURELURE — En emportant mon bien.
LOUIS — Vous dites que vous l'avez repris.
TURELURE — Ma mort te le rendra. Je n'aime pas les gens qui sont intéressés à mon décès.
LOUIS — Ce n'est pas à votre mort que je suis intéressé. Je viens à vous dans un sentiment de tristesse et de curiosité pendant que vous vivez encore.
Pourquoi vous débattre ainsi avec fureur comme si je vous tenais à la gorge ?
Je vous regarde, oui, ça m'intéresse, et Je voudrais savoir de quoi je suis fait.
Mon père qui m'avez fait, expliquez-moi pourquoi.