‹ Le pain durChapitre 38 sur 60 · ACTE DEUXIEME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIEME

TURELURE — Par les soins de Sichel ! je comprends. Quoi donc, c'est sérieux ?

LOUIS — Je n'ai pas le choix des moyens, je marche, je ne suis pas libre !

< Mon père, je vous en supplie, comprenez qu'il n'y a aucun moyen de reculer.

Je ne suis pas libre ! 11 me faut cet argent ! Je dois !

Je dois cet argent et il faut à tout prix que je le restitue, ou je perds l'honneur, je suis entièrement perdu !

Je vous dis que je dois avoir cet argent.

— Ne bougez pas ! — Mon père,

Vous m'avez pris tout ce que j'avais.

TURELURE — Tu n'avais rien du tout..

LOUIS —Gardez-le.

TURELURE — Mille grâces.

LOUIS — Mais donnez-moi ces dix mille francs.

TURELURE — Non. C'est non. Moi non plus, je ne peux pas, je ne peux pas te les donner.

LOUIS — Ces dix mille francs qui ne sont

lOI

LE PAIN DUR pas à moi, ni à vous ; et qui ne sont pas à celle-là même qui me les a prêtés.

TURELURE — Eh bien, elle a pris ses risques.

LOUIS — Je vous assure qu'il me faut ces dix mille francs et que je les aurai. — Ne remuez pas ainsi, je vous en prie, cela me fait mal au cœur.

TURELURE — Et qu'est-ce qui arrivera, pauvre benêt, si tu lui rends ces dix mille francs?

LOUIS — Cela m'est égal.

TURELURE — Crois-tu qu'elle t'épousera, ruiné comme tu l'es?

LOUIS — Je n'en sais rien.

TURELURE — Jamais, je te dis ! jamais ! elle me l'a dit.

LOUIS — Raison de plus pour que vous me donniez cet argent.

TURELURE. — Elle fout le camp avec et c'est fini.

LOUIS — Qu'est-ce que cela peutvous faire ?

TURELURE. — Ne vois-tu pas que si tu lui rends cet argent,

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