‹ Le pain durChapitre 39 sur 60 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

Nous perdons toute prise sur elle ? Ce n'est pas plus ton intérêt que le mien. Qu'est-ce que cela peut me faire, bougre d'égoïste?

Si j "étais son mari, je ne lui donnerais jamais d'argent que sur vu des notes.

LOUIS— Son mari ?

TURELURE— EhîTute crois toujours tout seul au milieu de tes jujubiers, espèce de sauvage!

LOUIS — Ainsi, c'est sérieux et je le tiens de votre bouche même ;

Vous m'avez pris mon bien et maintenant, tu veux me chauffer ma femme !

TURELURE — C'est toi qui la laisses aller.

LOUIS — Vous lui avez demandé, n'est-ce pas?

TURELURE — Bon, j'ai été repoussé avec perte.

LOUIS — Laissez-la donc tranquille?

TURELURE — Laisser une chose qu'il me faut? Je ne puis quand je le voudrais.

{Gesie de LOUIS).

Louis, mon fils, ne me tue pas ! Cela ne te servirait à rien. Tu n'auras pas ma fortune. Oui, je t'expliquerai ! J'ai des arrangements avec Sichel, elle a tout, j'ai pris une assurance !

LOUIS — Ne me provoquez pas !

TURELURE — J'ai eu tort, j'ai fait le brave. Ce n'est pas ce que je voulais dire! Je me suis laissé entraîner.

Oui, j'ai eu des torts envers toi, laisse moi un peu de temps, je ferai ce que tu voudras !

Je ne suis pas brave. Tu verras comme on tient à la vie quand on est vieux ! les jours comptent.

Ne me fais pas de mal, Louis!

LOUIS — Donnez-moi ces dix mille francs..

TURELURE — Je ne peux pas, Louis ! Attends un peu! Aie pitié de moi, mon enfant! Cela ne m'est pas possible.

LOUIS — Savez vous une chose, mon père? Savez-vous ce qu'elle m'a dit?

Vous n'êtes pas libre, dites-vous, et je ne le suis pas non plus, et elle ne l'est pas davantage.

Il lui faut cet argent que vous avez et qui n'est pas à elle.

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