ACTE TROISIÈME
Une rupture, une lassitude, un vide qui ne-
peut plus être comblé.
Tu n'es plus le même qu'aucun autre. Tu es seul.
A jamais tu ne peux plus cesser d'avoir fait ce
que tu as fait, {doucement) parricide !
Nous sommes seuls tous les deux dans cet/ horrible désert.
Deux âmes humaines dans le néant qui sont capables de se donner l'une à l'autre.
Et en une seule seconde, pareille à la détonation de tout le temps qui s'anéantit, de remplacer toutes choses l'un par lautre !
N'est-ce pas qu'il est bon d'être sans aucune perspective ? Ah, si la vie était longue.
Cela vaudrait la peine d'être heureux. Mais elle est courte et il y a moyen de la rendre plus courte encore.
Si courte que l'éternité y tienne !
LOUIS — Je n'ai que faire de l'éternité.
L U M I R — Si courte que l'éternité y tienne ! Si courte que ce monde y tienne dont nous ne voulons pas et ce bonheur dont les gens font tant d'affaires ! -— ^^^
i PV
Si petite, si serrée, si stricte, si raccourcie, que Tien autre chose que nous deux n'y tienne !
Va^ qu'est-ce que cette Mitidja et cette moisson qui s'en va toute en poussière ne laissant qu'un peu d'or entre les doigts et toutes ces choses à qui nous n'avons pas de proportion ?
Viens avec moi et tu seras ma force et ma solidité.
Et moi, je serai la Patrie entre tes bras, la Douceur jadis quittée, la terre de Ur, lantique Consolation !
11 n'y a que toi avec moi au monde, il n'y a que ce moment seul enfin où nous nous serons aperçus face à face !
Accessibles à la fin jusqu'à ce mystère que nous renfermons.
Il y a moyen de se sortir l'âme du corps comme une épée, loyal, plein dhonneur, il y a moyen de rompre la paroi.
Il y a moyen de faire un serment et de se donner tout entier à cet autre qui seul existe.
Malgré l'horrible nuit et la pluie, malgré cela qui est autour de nous le néant,