ACTE TROISIÈME LOUIS — Je vous enverrai des dattes au premier de l'an
S I C H E L — Je suis une Juive, n'est-ce pas ? Je ne tiens qu'à l'argent ? Eh bien, regardez ce que je fais de celui-ci.
{Elle déchire le papier. — Silence. — Tous deux se regardent).
Voilà. Je vous ai tout rendu.
Votre argent et le nôtre. Telle est notre cupidité. LOUIS — Sichel, ce que vous venez de faire n'est pas bête du tout.
SICHEL — N'est-ce pas ? Je vole mon père, je le dépouille et me place à votre merci. Quelle astuce de ma part!
LOUIS — Qiiel dommage que le mien soit mort I
{Bruit de roues dans la cour.
LOUIS va à la fenêtre et reste
longuement appuyé à la vitré).
SICHEL — Ce regret m'étonne.
LOUIS — Oui. Je n'ai plus personne pour
faire auprès de votre famille les démarches d'usage.
SICHEL — Quelles démarches ?
LOUIS — C'est une situation embarrassante pour des jeunes gens bien élevés.
SI C H E L — Qiielle situation ? /
LOUI5 — Croyez-vous donc que j'accepteainsi votre générosité ? Croyez-vous que j'accepte ainsi votre argent ? II est à vous, vous Tavez biea gagné, c'est la volonté de mon père.
Et j'ai quelque responsabilité, je le crains ;
Dans l'événement qui vous prive de votre protecteur.
Oui, j'ai eu des torts envers le défunt. Je dois, prendre égard de ses volontés.
Me voici prêt à tout réparer en homme d'honneur.
SICHEL — Où voulez-vous en venir?
LOUIS — Mademoiselle Habenichts, j'ai, ^ rhonneur de vous demander votre main.
SICHEL — Louis, si vous vous moquez ....Capitaine, veux-je dire... Monsieur le Comte, Monsieur le Capitaine....
{Elle balbutie.) . LOUIS — Vous me ferez payer cette moquerie ? N'est-ce pas ? C'est ce que vous voulez dire ?