‹ Le pain durChapitre 52 sur 60 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

S I C H E L — Non, je ne vous menace pas.

LOUIS — Et moi, je ne me moque pas.

S I C H E L — Louis, si vous m'épousez, quel scandale !

LOUIS — Je n'ai pas peur. C'est cela même qui est drôle.

SICHEL — Votre père...

LOUIS — Je comble ses plus chers désirs. Qiiel lien entre nous ajouté à celui du sang. L'héritage complet 1 II n'y manque quoi que ce soit. C'est le même homme qui continue.

SICHEL — Tout de bon, vous me demandez de m'épouser?

LOUIS — Oui, c'est une idée que j'ai comme ça.

SICHEL — Et si je refusais ?

LOUIS — Vous ne refuserez pas. 11 le faut. Mekbionb. C'est préparé d'avance. Nous sommes faits l'un pour l'autre. C'est écrit comme sur du papier timbré.

SICHEL — Croyez-vous que c'est pour en venir là que j'ai déchiré ce papier ?

LOUIS — ' Oui, je le crois tout à fait.

S I C H E L — Et quand cela serait encore ?

LOUIS — Cela prouve que vous me connaissez.

S I C H E L — Cela prouve que je vous aime.

LOUIS — Cela prouve que vous me désirez, moi, mon nom, mon avenir et ma fortune.

SICHEL — Tout ensemble ! Pourquoi haïrais-je rien de ce qui est à vous ? Oui, c'est tout cela ensemble que je veux ! C'est tout cela qui est pour moi et dont je sais l'usage.

Qu'en aurait-elle fait, cette Polonaise absurde ? Ce petit morceau de glace ardente? Regarde comme elle vient de te lâcher.

Je sais, Je suis une juive, j'ai tout machiné pour te prendre. N'est-ce pas ? Pauvre innocent, j'ai tout préparé de bien loin contre toi.

Et quand cela serait encore ?

Ai-je tant d'amis ? Tant de ressources ? Tant d'armes sur quoi compter? Ah, je n'ai que moimême toute seule et je suis Juive.

Et cette pierre écrasante sur nous à remonter, cette malédiction sur nous comme une mâchoire à desserrer !

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