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que ce sont la des torts qu'une femme par
donne difficilement a leur auteur...
— Ce n'est pas la le motif de l'éloignemenl de la duchesse pour son tils. interrompt vfve ment Paul.
— Et a quelle autre cause pourrait -on l'attribuer? Vous ne me (liiez pas qu'elle craint les reproches de son mari, puisqu'il est absent et qu'on ignore même l'époque de son retour. A moins que vous n'aviez la-dessus des données plus positives.
— ,1e ne sais absolument rien que ce que la duchesse a jugé à propos de répandre dans le monde On croit généralement que des affaires de famille ont force le duc à partir subitement pour I Italie.
— Je me suis également abstenue de chercher a approfondir ce mystère. Piespectons-le . puisque Sophie le veut. Convenez cependant, ajoutet-elle légèrement . que notre conduite dans tout ceci . a été d une discrétion . U une délicatesse admirable, .lusqu 'a présent aucune tache ne
flétrit le nom du duc : il n'a pas même été prononcé dans le procès de Francesca . grâce à la prudence du commissaire de police et aux ordres que nous lui avions fait donner.
— Dites plutôt grâce à la générosité de Francesca. Elle a constamment refusé de nommer son amant.
— Et qu'eùt-elle gagné en le comprometmettant? Nous . à la bonne heure . nous avions intérêt à le faire . afin de nous venger de Sophie qui . lorsque j'ai voulu vous ramener prés d elle . nous a repoussés avec une impudence dont je ne l'aurais jamais crue capable... Je laimais comme ma fille... elle me doit tout: c'est moi qui l'ai formée... je lui pardonne son ingratitude . et puisque vous ne vous en plaignez pas . je n'ai plus rien à vous dire à ce sujet.
Et . se souvenant tout-à-coup que Léonard l'attend . elle l'invite à lui faire connaître le motif qui l'amène.
— Je viens vous demander, madame, si je
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puis toujours compter sur l'emploi que j'ai demandé et qui m'a été promis.
Ce début prévienl les secrets désirs de la baronne, et lui fournit le moyen de s'assurer jusqu'à quel point elle pourra compter sur l'ancien commis pour l'aider à réaliser un projet sur lequel elle a tonde toutes ses espérances.
— Votre nomination, cher ami . sera signée quandie le voudrai ; mais je ^>u> suis trop sincèrement attachée, pour ne pas \oi:> faire observer (jue \ous commette/ une folie en cher chant à changer de carrière
— .le vous dirais, madame, que mes fonctions me révoltent, si je ne craignais pas de vousofifenser: car. vousaussi vous les exercez ces fonctions.
— Des reproches! dit la baronne d'un air de dignité . quand c'est vous qui m'avez perdue!
— -Vous en repentez-vous? demande Paul avec un sourire ironique.
— Allons, point d hypocrisie entre nous, répond gaiment la noble dame, nous nous connaissons trop bien pour chercher à nous tromper.
LE PAIR DE FRANi 15."?
Vous m'avez rendu service en me mettant à même de prendre une large part aux fonds secrets que notre bonne chambre vote sans scrupule et avec tant de générosité. J'en suis d'autant plus charmée, que je n'ai pas été obligée de rompre mes relations avec mes amis naturels. Je les vois au contraire plus que jamais, et je leur suis presque aussi utile qu'au pouvoir. Médiatrice entre la véritable et la quasi -légitimité , je sers la royauté nouvelle, en cherchant à diminuer ia haine que les partisans de la royauté déchue lui ont vouée: et je veille à la sûreté, au bonheur de ces derniers, en les empêchant de s'engager dans des entreprises hasardées contre le gouvernement, dont je leur fais accepter les faveurs, en leur réservant toutefois le moyen de se justifier aux yeux de Henri V. si un événement quelconque le ramenait sur le trône. Il est vrai que j'exerce une surveillance plus sévère sur ceux qui pro fessent des principes démocratiques. Voyant en
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moi une héroïne de la légitimité, ri par censé quent une ennemie de I usurpation, ils croient pouMiir me confier sans danger leurs projets «t leurs espéràn -
— .le ne m'étonne point, madame, de votre prédilection pour une darrièi* ou \ous * 1 * • plovez tant de qualités supérieures. Si comme .1 nous le nature m'avait donné ce génie...
— (aovv/.-vous donc qu'il n'en faille point pour bien remplir cette place de préfet, que nous demandée avec tant d'instance?
— Lorsque je faisais encore partie dune association patriotique, nous disions que pour
un préfet, selon le cœur du pouvoir, il falnly issatu-c jHissi\< , lu linge blanc, et la barbe faite tous les jours. Je crois aujour- «1 iiui qu à ces trois points, il faut ajouter quelques connaissances acquises, j'ai fait d'assez bonnes études.
— Je sais que vous n étiez pas destine à faire un commis marchand: mais votre position acluelle devrait il me semble, satisfaire vos dé-
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sirs. Sous le rapport financier, elle vaut mieux qu'une préfecture, et certes elle vous offre des plaisirs plus piquans. plus variés...
— Je n'en demande pius depuis que j'ai assez d'or pour les acheter. J'ai voulu sincèrement chercher le bonheur sur des routes honorables. La loi monarchique et religieuse qui a aboli le divorce, en enchaînant pour toujours ce que le cœur, la probité, l'honneur séparent, en a décidé autrement. La société n'a plus rien à m offrir: je la méprise, je veux qu'elle me craigne et qu'elle m'honore.
Labaronne croit lui avoir fait assez d'objections pour connaître toute i importance qu il attache au poste qu'il sollicite.
— Je conviens, dit-elle, que vous n'atteindrez pas ce nut en exerçant des fonctions dont la condition principale est d'être secrètes, inconnues. J'avoue cependant que vos dispositions d'esprit me causent une vive surprise. Quoi ! à votre âge : • léfa ! ambition vous occupe exclusivement
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— Il ne reste plus d'autre passion à mon An m*, répond Paul avec un sourire amer, ellea vieilli avant le temps.
— Vous êtes injuste envers vous même, cher ami: voyons, est-il bien vrai que pour être heureux il vous faudrait une préfecture?
— Je désire ardemment ce poste: mon chef le sait, et il m'a promis...
— Vous oubliez qu'il a d'abord trouvé votre demande fort indiscrète, fort téméraire... Vous m'avez prié de vous appuyer; car vous savez qu'on craindrait au château de m'irriter par un refus. Je suis charmée de pouvoir vous apprendre que j'ai enfin obtenu la promesse formelle de votre nomination. Je puis vous la faire expédier dans huit jours, dès demain... si vous prenez l'engagement de seconder un projet qui m'intéresse vivement, et dont la réussite dépend entièrement de vous.
— J'avais cru jusqu'ici, madame, que le faible service que j'ai eu le bonheur de vous rendre, en vous ouvrant les voies où vous mar-
chez maintenant avec tant de succès, était un titre suffisant à vos bontés.
— Sans doute, cher ami. pour les circonstances ordinaires de la vie. Mais quand il s'agit de vous élever à un poste que plus d'un grand seigneur ambitionne sans pouvoir l'obtenir, j'ai le droit d'exiger de vous une reconnaissance qui. au reste, ne vous coûtera ni sacrifices personnels, ni démarches pénibles.
— Prenez garde . madame . dit froidement Paul . les marchés avec moi deviennent funestes pour celui qui les propose...
— Je ne suis pas superstitieuse . répond la baronne en riant, je sais que vous remplissez vos engagemens avec fidélité et bonheur: je n'en demande pas d avantage. Voyons, voulez-vous être préfet?
— Le sort en me réduisant à tout acheter . veut sans doute m'accoutumer à tout vendre, se dit Paul à lui-même.
La baronne répète sa question ; Paul répond affirmativement.