‹ Le palais de justice et l'ancien parlement de DijonChapitre 14 sur 20 · i LE PALAIS DE JUSTICE · texte numérisé non relu

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plus jeune et le plus ardent, Millotet, déclara sans hésiter que la prétention du procureur général était absurde, que cette place avait toujours appartenu de droitau premier avocat général et qu'on l'y maintiendrait. Plus réservé , son collègue confessa que M. Picardet en avait longtemps usé, mais seulement par tolérance, à raison du respect qu'inspirait son grand âge et de la faiblesse de sa vue ; qu'à sa mort , M. Lenet l'avait lui-même occupée parce qu'il vivait alors en bonne intelligence avec les deux avocats généraux, et que ceux-ci tenaient conseil avec lui en rapprochant leurs chîiises de la sienne ; mais que, depuis deux années, le procureur général leur cherchait sans cesse des querelles et qu'il [était nécessaire de rétablir chacun à sa place. Or, le siège usurpé par M. Lenet était celui du premier avocat général, qui avait le pas sur lui dans les cérémonies publiques. Il fallut un arrêt pour vider ce grave débat , et la cour ordonna, par provision seulement il est vrai, au procureur général de prendre , plus loin que la cheminée, un autre fauteuil.

LE PALAIS DE .TUSTICE. ÎM)

Cette petite scène n'est qu'un mince exemple des luttes intestines qui éclataient au sein du Parlement, mais particulièrement entre la magistrature assise et les membres du ministère public, sur qui la première affectait d'exercer une suprématie souvent humiliante et despotique. Mais ce n'est pas ici le lieu de rappeler ces divisions qui ont trouvé un autre historien. Il suffira de dire en un mot que les orateurs ou mandataires royaux ne pouvaient pénétrer à l'audience sans gratter à la porte ou demander la permission d'entrer par un commis-greffier; qu'ils devaient ne quitter le parquet que lorsque Messieurs avaient désemparé leurs sièges, qu'ils ne pouvaient s'absenter sans l'agrément de la cour, et qu'ils en avaient besoin même pour remplir leurs devoirs religieux (1). Ainsi, en 4514, le Parlement leur

(1) Le congé était d'ailleurs une règle absolue pour tous les membres du Parlement, qui n'accordait Pautorisatiou de s'absenter que pour de-j causes grave^. Le conseiller Godran, malade en 1572, n'en obtint une, pour aller aux bains, qu'après avoir longuement décrit, en la chambre du conseil, ses douleurs

octroie un congé, pour aller gagner, disent les registres, le pardon de Chalon.Rien, certes, de plus juste que l'obligation de demander ce congé, mais rien de moins séant que la forme.

Les anciens magistrats assis prétendent qu'on en est trop revenu depuis.

Les gens du Roi ne quittèrent plus ce parquet jusqu'à la Révolution. Messieurs les avocats les y ont remplacés; mais il faut espérer qu'un local plus confortable leur sera réservé dans le futur palais.

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