V) LE PALAIS DE JUSTICE
chambre criminelle et à celle des enquêtes.
Interrompus un instant par un orage impétueux qui, le 30 janvier 1645, découvrit le temple de Thémis, comme on disait alors, et renversa en même temps le clocher de Saint- Jean, les travaux se prolongèrent jusqu'en 4648 ; mais si leur lenteur justifia plus d'une fois les impa tiences des syndics de la cour, leur solidité n'exposa plus désormais le budget parlementaire aux déficits trop nombreux qu'il subissait au siècle précédent. Sans un violent incendie qui éclata, dans la nuit du 8 janvier 4777, au bureau des huissiers, et consuma sur une longueur de 44 pieds la lourde charpente de la salle Saint-Louis, dont le lambrissage fut également détruit en partie, le palais n'aurait donné lieu pendant près de cent cinquante ans qu'à des réfections locales presque insignifiantes, comme l'agrandissement des greffes, la réparation du porcbe qui menaçait ruine en 4779, et que l'abbé Genreau, directeur du Parlement, fit remettre à neuf, celle de la conciergerie, d'où les prisonniers s'évadaient, et à
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laquelle on annexa la maison d'une demoiselle Duval, grâce à un subside accordé parles Élus généraux, etc. Les finances publiques y gagnèrent sans doute; mais l'unité et l'harmonie architecturale de l'édifice, composé de bâtiments juxtaposés sans ordre, sans style ni plan d'ensemble, ne purent qu'y perdre.
En abolissant le Parlement et toutes les juridictions qui s'y rattachaient, la Révolution enleva au palais sa destination primitive. Les tribunaux éphémères substitués par elle à l'ancienne magistrature y ouvrirent, il est vrai, leurs séances ; mais celles-ci furent fréquemment troublées, soit par les réunions de la garde nationale et des volontaires qui y élirent, comme en septembre 1870, leurs officiers, soit par l'invasion des clubs, dont l'un se tenait dans la salle des audiences publiques. On y vota en 1793 la destruction de tous les objets d'art et des riches archives du Parlement qui rappelaient sans doute V obscurantisme et la tyrannie du régime féodal : 80,000 livres de papiers, presque tous curieux pour l'histoire
de la province , et plusieurs tableaux de prix furent ainsi livrés aux flammes. Dans ce stupide holocauste disparut une magnifique Nativité de Michel- Ange , qui avait été donnée à la compagnie par le premier président Fyot de la Marche pour décorer la grand' chambre.
Le premier Empire ne restitua point le palais à la justice, à part quelques chambres abandonnées aux conseils de guerre de la 18* division militaire. Les tribunaux civils et criminels siégèrent à cette époque dans les bâtiments du Logis du Roi, et la cour d'assises, notamment, ne quitta la belle salle des États que sous la monarchie de Juillet, lorsque la mairie fui transportée de l'hôtel Rolin à l'hôtel de ville actuel.
Nous allons maintenant parcourir les divers services des Parlements , afin d'en déterminer l'importance et de désigner le lieu qui leur était spécialement affecté.
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