SO LE PALAIS DE JUSTICE
chargé des travaux de réédificalion du palais lie négligera pas cette vaste décoration qui ne manque ni de noblesse ni de caractère , et dont la fumée n'a pas encore éteint complètement le primitif éclat.
Aujourd'hui, la chambre des enquêtes sert de parquet à M. le procureur général, et sera plus tard convertie en une salle d'assemblée pour les délibérations intérieures de la cour. On y admire une cheminée du dix-septième siècle, une excellente copie de V École d'Athènes, par Gagnereaux, peintre dijonnais, et des Joueurs de dés, très remarquable toile de Valentin.
CHAMBRE DES REQUETES
Cette chambre dut sa naissance, comme la précédente, au désordre qui régnait dans les finances de l'Etat au seizième siècle et à l'usage trop longtemps pratiqué par nos rois de battre monnaie avec des charges de judicature. Elle fut créée par up édjt de François !•% donné à
Fontainebleau au mois de décembre 1543, et composée d'un président et de deux conseillers, auxquels devait se joindre un autre membre du Parlement. Elle fut également pourvue d'un greffier et de deux huissiers. D'après les lettres d'institution, elle devait juger les causes privilégiées ou de committimiis, c'est-à-dire tous les procès en matière personnelle, possessoire et mixte, des personnes justiciables, à raison de leurs charges ou de leur qualité, de la juridiction spéciale connue sous le nom des Requêtes de VliôteL Ainsi les membres du Parlement et de la chambre des comptes avaient le droit de soumettre en premier ressort les contestations qui les intéressaient à ce tribunal d'exception, dont les appels étaient jugés par la grand'chambrc. Les magistrats des requêtes pouvaient d'ailleurs évoquer toutes les instances commencées devant une autre juridiction pour des faits de leur compétence.
Cette institution déplut fort aux Etats de la province qui, de concert avec le Parlement, en sollicitèrent et en obtinrent bientôt après la sup-
pression (4). Mais au mois de janvier 4575, elle fut rétablie par Henri III, qui créa pour la nouvelle chambre un office de président et six de conseillers, outre une charge de greffier. La cour adressa en vain de vives remontrances au Roi ; elle fut obligée d'enregistrer cet édit sur des lettres de jussion et de recevoir les magistrats pourvus de ces fonctions un peu subalternes, en se bornant à leur interdire, sous peine d'amende arbitraire, de prendre la qualité de conseiller au Parlement. Le seul titre qu'elle leur reconnut fut celui de commissaire aux requêtes, et la seule concession qu'elle put arracher au Roi, en échange de sa prompte obéissance, fut la suppression du nouvel office de président.
La chambre des requêtes n'était donc, à proprement parler, qu'une annexe, une succursale inférieure du Parlement. Ses membres ne faisaient pas, à l'origine, partie de la cour, et n'avaient aucune part à sa souveraineté. Ils
(l) Édit donné à Argilly en septembre 154G. '
n'obtinrent que peu à peu, et pour ainsi dire par violence ou surprise, les honneurs que s'étaient réservés leurs collègues de la Tournelle et de la grand'chambre ; par exemple, ils n'étaient admis qu'une fois dans l'année, le lendemain de la Saint-Martin, à siéger sur les fleurs-de-lis (1). La barrière qui les séparait ne fut pourtantjamais entièrement brisée: leurs charges eurent toujours une valeur moindre que celles des autres conseillers, et, quoiqu'ils aient compté dans leurs rangs des hommes distingués par leur science ou par leur famille, comme Etienne Bouhier, Jean-Baptiste Legoux de la Berchère, Pierre Odebert, Pierre Quarré, Guy de Migieu, Jacques Févret, Lantin, trois aïeux de Bossuet et le père de BufFon, l'opinion publique, qui observe les moindres nuances en province et trace entre les diverses fonctions des lignes de démarcation souvent insaisissables, ne cessa point de les placer un peu audessous des autres, des vrais membres du Parlement.
(!) ArrAt de 1614.
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La chambre des requêtes comptait en 178^ un président et huit conseillers.
Elle fut d'abord placée, à titre provisoire, cuU'c lo parquet des gens du Roi, qui se tenait alors à la chancellerie, et la porte par laquelle on montait « ez hautz sièges de l'Audience, du costé de l'église delà Magdeleine (1). » Henri III acheta en 1588 une partie de l'hôtel de Talmay pour l'agrandir, et quelque incommodité que ses membres trouvassent dans ce bâtiment restreint, ils y demeurèrent jusqu'au dix-huitième siècle, époque à laquelle ils succédèrent aux officiers de la Table de marbre dans la salle du premier étage sous laquelle se tenait le parquet des gens du Roi . Cette pièce est devenue de nos jours la bibliothèque des avocats.
(1) Délibération du 10 avril i576, — On réparait encore cette pièce en 1582.