Les deux autres furent brisées
3. Lenoir fit enlever en même temps le jubé, les escaliers, et diverses boiseries.
quatre, furent expédiées à la communauté du Calvaire, au Mont-Valérien, oiides mains criminelles les brisèrent pendant les journées révolutionnaires de i83o. Telle autre, transportée d'abord dans le parc de Sceaux, trouva ensuite asile dans l'église de Créteil où elle changea de vocable. D'autres enfin, parmi lesquels un saint Pierre, lurent envoyées, avec quelques débris de pierre et de fer, dans les chantiers de la basilique de Saint-Denis où on les vit longtemps. Lors de la réfection totale de l'édifice de Louis IX, vers i85o, on songea à faire rentrer ces statues, mutilées ou non. Si quelques morceaux manquaient, on restaurait ; on refit complètement à nouveau ce qui avait disparu sans laisser de trace. 11 serait à peu près impossible aujourd'hui de constater la part exacte du vieux et du neuf, si le baron de Guilhermy, qui fut un témoin impartial et compétent, n'était pas là pour nous renseigner : d'après lui, les quatrième et cinquième apôtres tant du côté du nord que du côté du midi (à partir de la porte d'entrée) seraient les seuls authentiques; quatre artistes, Delarue, Pascal, Perrey et GeofTroy-Dechaume se sont chargés de la reconstitution des autres statues, en utilisant notamment les fragments de quatre autres qui appartiennent à présent au musée de Gluny ^. Ces fragments peuvent être attribués au xiii^ siècle, à la période contemporaine de la construction même; il n'en paraît pas être de même des figures remises en place, d'une interprétation un peu différente et d'un art un peu plus recherché, qui appartiendraient au règne de Philippe le Bel. Quoi qu'il en soit, ces statues d'apôtres, où l'on admire une noblesse d'expression, une science des draperies, une largeur d'exécution incomparables, sont capables d'affirmer la supériorité de. la
I. N"' 79 a 82 du catalogue; cf. Gazelle archéologique, VIII (i883), p. 169.
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statuaire française dans son plus haut degré de perfection, au même titre que les sculptures plus célèbres des cathédrales de Reims et de Chartres.
Le dallage historié est tout moderne, d'après les dessins de Boeswillwald et Steinheil ; il se compose de morceaux de pierre dure, gravés en creux, où ont été incrustés des mastics de couleurs variées ; sur les larges bandes qui les divisent à inter-
valles réguliers s'enlacent des rinceaux feuillages qui encadrent des oiseaux, des quadrupèdes et des emblèmes héraldiques ; o» a représenté, du côté de l'abside, les quatre fleuves du paradis terrestre, symboles de la grâce divine, et de l'autre l'Eglise assise, une coupe à la main, près d'un rocher d'où jaillissent, en forme de sources, les sept sacrements destinés à la régénération de l'humanité.
A droite de l'autel, une piscine d'une rare élégance', contemporaine de l'édifice, attirerait davantage les regards si elle était placée moins dans l'ombre ; elle a cependant 3 mètres
I. Elle est reproduite dans la Revue archéologique, i8/|8, I, pi. xcvii (dessin de Ch. Saunier).
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de haut sur 2 de large ; la table est ornée d'une ceinture de branchages enlacés où de place en place on aperçoit de petits oiseaux d'une délicatesse charmante, et posée sur trois colonnes
à chapiteaux sculptés et à colonnettes adossées ; au-dessus de la table, d'autres colonnes finement décorées, au nombre de cinq, supportent les retombées des arcs où sont inscrits des
médaillons et entre lesquelles émergent des gables fleuronnés ; et comme couronnement de 4'entablement, deux plus grands médaillons quadrilobés, autrefois ornés de verre émaillé, sont accompagnés de trois anges dont un porte des couronnes royales, les autres des encensoirs. On ne se lasse pas
3IO LA SAINTE-CHAPELLE
d'admirer le goût qui a présidé à cet ensemble de sculpture décorative.
Vis-à-vis, à gauche de l'autel, une sorte de niche creusée dans le mur offre un excellent exemple de crédence-armoire où l'on avait l'habitude de déposer les livres de chœur et de prières.
Il existait déjà des orgues en 1299; mais on ne sait quand elles furent remplacées. On en installa du moins en i493 de nouvelles, qui jouèrent pour la première fois le jour de la sainte Madeleine, et les anciennes, devenues mauvaises, furent cédées à Notre-Dame de Poissy pour 4oo livres. Sous Henri II , celles de i493 furent remplacées à leur tour par d'autres, vers i55o, aux frais du trésor royal; nous en connaissons l'aspect par le dessin à la plume qu'exécuta Jacques Cellier vers 1 583 et que nous a conservé un manuscrit de la Bibliothèque nationale * : on y voit le chiffre de Henri II et le croissant répétés sur les boiseries du balcon et de la montre que couronnaient des statues d'anges ou de génies musiciens. Le constructeur en était sans doute un des membres de la famille Dargillières, alors célèbre, et qui travaillait pour Notre-Dame; une réparation y fut faite d'ailleurs en 1670 par le maître fabricant Jean Dargillières^.
Un siècle après (mars 1672), les orgues sont visitées à nouveau par deux experts ^ et mises en état ; ce qui n'empêchera pas le facteur d'orgues Thiéry, en 1697, de les trouver très abîmées, et de rédiger sur demande un mémoire de réparations et d'augmentation de jeux. Le premier président
1. Ms. français 9162, f" 90. (Voir la reproduction ci-après.)
2 . D'après Michel Bbenet, Les musiciens de la Sainte-Cfuipeile ; cf. Archives nationales, L /|i8.
3. Dont le facteur Hénoc {Archives nationales , LL Go5, f" 3i v").
NOTICE ARCHÉOLOGIQUE. an
de la Cour des Comptes consulté, on décide d'affecter 2600 livres à ce travail reconnu nécessaire. Enfin, en 1752, l'architecte Rousset refit à neuf toute la menuiserie du buffet d'orgue, exécutée d'après ses dessins par La Vergne : on estimait la décoration ingénieuse et de bon goût*; et les jeux furent complètement transformés et perfectionnés en 1771 par le facteur Clicquot^.
Voici les noms des organistes qui ont pu être retrouvés : Nicolas Du Bois, en même temps maître de grammaire des enfants de chœur (f 1609); Noël Cybot (j i556); Claude de La Grange; Henry Bérenger (1570); Florent Le Bienvenu (1597-1623); La Galle; Michel de La Guerre (1633-1678); Jérôme de La Guerre (1678- 1698); Marin de La Guerre (1698- 1704); Jérôme de La Guerre (i 704-1 738), suppléé par Pierre Février; Antoine Calvière (1739- 1755); René Drouart de Bousset (i 755-1 760); Armand-Louis Couperin (1760- 1779) et son fils, Gervais-François Couperin, qui fut le dernier^.
Le grand buffet d'orgues de Clicquot remplissait, aux
1. TuiiÎRT, Guide des amateurs et des étrangers voyageurs à Paris, II, p. 2G.