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Mais l'argent faisait défaut ^ Il fallut lever une contribution spéciale sur les Parisiens, et, par arrêt du Conseil du 3o septembre 1781, fut mis un impôt spécial de six deniers pour livre au prorata des capitations de tous les habitants de la capitale.
Lorsque enfin fut décidée la reprise des travaux, on résolut d'élever une façade monumentale etd'élargir la cour du Mai, en même temps de donner au Palais une entrée monumentale au lieu des deux portes sombres et basses qui auparavant ouvraient sur l'étroite et obscure rue de laBarillerie. Plusieurs architectes se partagèrent la besogne- : Couture fut chargé de la façade principale et de celle qui donne au nord sur la galerie Mercière ; les galeries de la cour du Mai échurent à Desmaisons; quant au grand perron, au tribunal d'appel, aux bâtiments du greffe, et aux trois galeries voûtées au-dessus de la salle des Pas Perdus, qui reçurent la majeure partie des archives judiciaires, ce fut le lot de Jacques-Denis Antoine. On peut reprocher à ces constructions nouvelles un défaut d'harmonie; une idée dominatrice a manqué pour inspirer l'unité nécessaire à ces trois architectes travaillant concurremment.
Des difficultés surgirent en 1782 : deux entrepreneurs ruinés et dépossédés par Desmaisons dénoncèrent les fautes professionnelles de ce dernier, qui aurait construit les
1. Dans le petit musée créé au Palais par l'Ordre des avocats, on remarque un petit dessin représentant la démolition après l'incendie; il est daté de juin 1777, et porte la mention: « Dessiné sur le lieu par Thierry Père Architecte. »
2. Voir divers plans et mémoires dans la liasse H 744 des Archives nationales. Un volume, composé de plans et de dessins originaux de Couture {Bibliothèque nationale. Cabinet des Estampes, Ve 84), donne des élévations, des détails de décoration et de menuiserie pour la Chancellerie, les salles d'audience des Requêtes du Palais et des Requêtes de l'Hôtel, la Tournelle et la Cour des Monnaies (1780- 1783).
voûtes de la galerie Mercière sans tenir compte de l'insuffisance de l'épaisseur des murs^ Successivement ou simultanément plusieurs architectes, Perronnet, Hazon, Ducret et Osmont furent chargés d'examiner la solidité des nouveaux bâtiments, et l'affaire fut portée à l'Académie d'Architecture qui, en mars 1783, délégua deux de ses membres, Hazon et Guillaumot, aux fins d'expertise. Desmaisons répliqua à leurs observations par un mémoire daté du 29 août 1783.
A la date du 19 octobre suivant, les Mémoires secrets^ annoncent la fin prochaine des travaux : u Le nouveau bâtiment du Palais commence à se dégager par l'abbatis des échoppes extérieures qui en ôtoient la vue. Le corps du milieu est orné de morceaux d'architecture. Au fronton se voient les armes de France, en relief, supportées par deux anges de la façon de M. Pajou : on y a placé en outre quatre statues qui, n'étant point assez colossales, se distinguent très difficilement; ces statues sont la Force, la Prudence, la Justice et V Abondance (la première et la quatrième sont de Berruer, la deuxième et la troisième de Lecomte). »
Pour orner le palais trois artistes brillans A l'envi l'un de l'antre ont montré leurs talens. On se tait du cartel : quant à chaque statue, L'on glose, l'on critique : on dit la Force bien, La Prudence point mal; l'Abondance n'est rien, Mais la Justice est mal rendue.
En dépit des épigrammes, c'est peut-être cette partie de la façade qui prête le moins à la critique. Le cartel du fronton (restauré plusieurs fois depuis 1783, la dernière par Daumet,