Le Nain de Tillemont, Vie de saint Louis, II, p. lu
3. J'adopte la traduction qu'en a faite Le Roux de Lincy, Paris et ses historiens, p. ^7.
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NOTICE HISTORIQUE. lai
spéciales à tous les fidèles qui visiteraient le nouveau sanctuaire le jour anniversaire de la dédicace ou pendant l'octave. Du Breul ' nous a conservé le texte des deux inscriptions commémoratives de la double dédicace, qui étaient gravées sur des pierres scellées dans le mur occidental de chacune d'elles.
Quelques documents connus permettent de suivre à grands traits l'histoire architecturale de la Sainte-Chapelle à travers les siècles. Sous Philippe IV (1299), quelques dépenses de peintures y sont ordonnées, mais comme on trouve trace de dépenses analogues dans des comptes ultérieurs, on est en droit de se demander s'il ne s'agit pas seulement de mises en état régulières, en même temps que l'on astiquait les douze colonnes de cuivre à chaque fête de Pâques. En i3i8 on refait la clôture; en 1849, on inscrit une somme de 32 livres parisis destinées à la fabrication d'une cloche; en i354 et années suivantes, le clocher et la couverture sont réparés; en i364, le roi fait un don en argent pour pourvoir à d'urgentes réparations, et Guillaume Le Mercier est désigné, moyennant une pension annuelle, pour visiter périodiquement les cloches.
Il est assez curieux qu'un monument de cette importance historique n'ait pas toujours été entretenu avec ^e soin qui convenait, et qu'à certaines époques sa solidité ait paru compromise. C'est ce qui arriva sous Charles VIII. Le i5 janvier i485, le roi ordonne de faire payer au Chapitre tout ce qui peut lui être dû de rentes sur le domaine, afin d'employer ces sommes aux réparations devenues tellement nécessaires que, si l'on n'y prend garde promptement, (( les murailles, voûtes, mâchicoulis et autres choses de la Sainte-Chapelle
I. Théâtre des Anliquitez de Paris, édit"" de 1612, liv. i, p. 137.
122 L.\ SAINTE-CHAPELLE
pourraient tourner en ruine ^ ». Louis XI lavait-il négligé au profit des constructions par lui entreprises sur les bords de la Loire? Son successeur, mieux inspiré, fit sans doute exécuter les travaux indispensables, et dans le siècle qui suivit, on ne signale pas de restaurations considérables.
L'hiver de 1689-1690 fut très nuisible au bon état de l'édifice. Des ravages sérieux avaient été exercés par l'inondation dans la basse église : il fallut « relever toutes les tombes d'un pied, et enlever les balustrades entourant les six chapelles de la nef » ; on en profita d'ailleurs pour entreprendre d'autres travaux, changer la disposition des quatre chapelles de la nef en les adossant au mur pour gagner de la place, séparer le chœur de la nef par une grille en fer, agrandir le ctœur en transférant ailleurs les chapelles Saint-Jean et Saint-Michel, reculer le maître-autel dans l'enfoncement des quatre petits piliers destinés à soutenir la voûte de la haute église, pratiquer une cave voûtée sous le monument dans toute sa longueur, enfin creuser dans le chœur un caveau exclusivement réservé à la sépulture des trésoriers et des chanoines-.
C'est peut-être, de toutes les parties de la Sainte-Chapelle, la flèche qui a été le plus fréquemment modifiée. On ne connaît de celle qui fut construite sous Louis IX ni l'aspect ni les proportions; car, le bois en étant pourri, elle fut remplacée, sous Charles VI, par une autre flèche à jour, en bois et plomb, exécutée par le maître charpentier du roi, Robert Fouchier (i383)^ : c'était, parait-il, une merveille artistique, dont nous pouvons nous faire une idée par l'examen des