Catalogue des archives da baron de Jonrsanvault
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miniatures déjà décrites de Pol de Limbourg; elle venait alors d'être à peine terminée. Contrairement à ce qui a toujours été écrit sur ce sujet, ce n'est pas la flèche de Robert Fouchier qui fut incendiée au xvii® siècle, car une autre l'avait remplacée depuis longtemps. En effet, un tailleur d'images demeurant à Tours, Guillaume Brassefort, avait été mandé à Paris, peu de temps avant la mort de Charles YII (i46o), ({ pour veoir et visiter le clochier qui de présent se fait à la Saincte-Chapelle du Palais à Paris afin de marchander avecques lui de faire plusieurs ymaiges qu'il faudra faire autour dudit clochier ^ » . Ce texte ne laisse subsister aucun doute, et la flèche ornementée par le talent de Brassefort est celle qu'on peut voir sur le dessin de Chastillon, ou mieux encore sur celui de Jacques Cellier (v. i583) que nous reproduisons en tête de cette notice^.
L'Incendie de 1630. — I^a Sainte-Chapelle, qui avait échappé heureusement à celui de 1618, courut de nouveau, le 26 juillet i63o, un très grand danger. Vers quatre heures de
1. Ch. Grandmaison, Documents inédits sur les arts en Touraine (Tours, 1870, in-8), p. 190.
2. D'après le manuscrit français 9162 de la Bibliollièque nationale, f° 89, Voici ce qu'écrit sévèrement Bonnardot à propos de ce dessin : « GriEfonné sans art, comparé à une photographie, il paraîtrait une monstruosité ; sa date seule lui donne quelque intérêt. L'escalier portique de Louis XII y figure, mais fort mal rendu. Le chef-d'œuvre de Pierre de Montereau est partout bordé d'un rang serré d'échoppes, probablement occupées par des écrivains publics. Chacune de ces échoppes, sorte de niche à dogue, est taillée sur le même patron ; la façade est un pignon, la porte surmontée d'un châssis vitré; à côté s'ouvre une large fenêtre formant boutique; une petite ouverture carrée est percée dans le triangle du pignon. Je crois qu'il devait y avoir plus de variété soit dans les proportions, soit dans les détails de ces excroissances ligneuses qui jadis'envahissaient la base de tout édifice civil ou religieux, comme des groupes de champignons accumulés au pied
d'un grand chêne. » [Revue universelle des arts, VII, p, i35.)
l'après-midi, le feu prit aux combles et au clocher, par suite de la négligence des plombiers qui y travaillaient ; les chanoines se hâtèrent de prévenir le gouverneur de Paris et l'Hôtel de Ville, demandant des secours contre le fléau qui se propageait avec rapidité; mais bientôt le clocher s'écroulait, et le plomb fondu coulait de tous côtés, môme à l'intérieur du monument. On craignit fort pour la solidité des voûtes, et les chanoines retirèrent, dès qu'ils le purent, les reliques de la grande châsse pour les mettre en sûreté dans le trésor ; le lendemain, on fit un récolement qui permit d'assurer la présence collective des objets précieux, et on les replaça dans des coffres-forts en murant la porte du trésor. La Sainte-Chapelle fut en cette occurrence relativement épargnée, mais on avait à un certain moment redouté une catastrophe beaucoup plus sérieuse*. Quelques jours après (ii août), le garde des sceaux Marillac écrivit- à Mole, président au Parlement : « Je vous remercie du soin que vous avez pris de m'avertir de l'incendie arrivé à la Sainte-Chapelle; nous en avions déjà reçu les premiers avis et sçu le bon ordre et le prompt secours que vous avez fait donner en cette rencontre, qui a servi à la conservation de ce qui est le plus précieux en ce saint lieu : dont Sa Majesté a été bien informée et satisfaite. Elle a commandé d'écrire à la Chambre des Comptes, pour faire faire le devis de tous les ouvrages qu'il faut faire, avec un dessin qui soit fait par quelque bon maître, afin que S. M. le voie etl'ap-
I. Archives nationales, LL G02, ff. 90-93; cf. LL 271, ff. 180-181. Cf. les procès-verbaux dresses par les gens des comptes et par Jean Gillot, lieutenant-général du bailliage du Palais (Archives nationales, L G20, n°' 20 et 21). Les chanoines de Notre-Dame s'émurent vivement à la pensée que l'incendie pouvait être dangereux pour la cathédrale dans les mêmes conditions.
a. Mémoires de Mole, édit. CharapoUion-FIgeac, II, p. 22.
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prouve, pour après faire bailler les ouvrages au rabais et pourvoir aux fonds nécessaires pour iceux. » Une supplique fut en même temps adressée au roi par le trésorier Gabriel de Marand et douze chanoines pour obtenir la reconstruction du clocher effondré ^ et provisoirement, jusqu'à la fm des travaux (mars i63i), le culte fut célébré quotidiennement dans la chapelle basse. Une première visite des voûtes eut lieu immédiatement après l'incendie par les soins de Cliristophle Gamard, juré du roi es œuvres de maçonnerie ; une autre fut faite en juin i633 par René Fleury, maître général des œuvres des bâtiments royaux^.
La reconstruction définitive fut décidée à la suite du devis des travaux présenté à Louis XIII en i634 et se montant à 24 000 livres : le roi l'approuva par lettres patentes du 27 avril 1634 ^. Mais elle marcha très lentement; en 1666 seulement, au service funèbre célébré pour Anne d'Autriche, les nouvelles cloches sonnèrent pour la première fois ; la charpente du clocher n'avait pas encore sa couverture de plomb, achevée seulement en 1671 *.
On peut se rendre compte des effets de l'incendie en examinant le dessin à la plume de Martellange : le toit a été con-
1. Elle a été imprimée ; on en trouve un exemplaire dans Morand, Usas, I, pièce 179.