‹ Le Palais de justice et la Sainte-Chapelle de ParisChapitre 88 sur 123 · Archives nationales, Oi 82, f · texte numérisé non relu

Archives nationales, Oi 82, f

2. 11 serait trop long de raconter l'histoire de ces rubis, que l'on trouvera dans Morand, p. ig5 et suivantes. Lorsqu'on voulut, en 1697, confronter

i48 LA SAINTE-CHAPELLE.

juin 1672, le Chapitre reçut une demande de la reine Marie- Thérèse qui desirait faire couper un petit morceau de la vraie Croix pour le mettre dans un reliquaire destiné au duc d'Anjou, dans l'espoir que ce talisman le préserverait de tout fâcheux accident; après délibération, on s'exécuta pour se conformer au désir de la reine, et l'orfèvre Pierre Loir, mandé expressément, fut chargé de l'opération et du transport de cette parcelle de relique à Saint-Germain-en-Laye, où la reine se trouvait*.

Malgré tant de précautions, des vols furent commis. Un jour on constate la disparition d'une grande partie du bois de la vraie Croix conservée « dans une grande layette d'argent » (i534). Mais ce qui fut beaucoup plus nuisible à la conservation de ce trésor, ce furent les aliénations dont certains rois se rendirent coupables, ouvertement ou non, pour subvenir aux grands frais des guerres. Un prélèvement des matières d'or et d'argent parmi les joyaux les moins précieux fut ordonné par Charles IX en 1662, et les commissaires de la Chambre des Comptes dressèrent procès-verbal de ce qui fut cette année-là envoyé à la Monnaie pour être fondu : les chanoines s'engagèrent d'ailleurs, une fois remboursés des sommes représentant la valeur des objets ainsi détruits, à en faire le remploi sous forme de reliquaires identiques ; mais leur délibération demeura platonique.

En 1675 ce fut bien autre chose. Dans la nuit du 9 au 10 mai, le reliquaire de la vraie Croix fut dérobé 2. Cette disparition causa une très vive émotion à Paris, et les échevins

trois de ces rubis avec les chatons restés dans le reliquaire, le joaillier ro^al Montarsis s'aperçut que ce n'étaient plus les mêmes pierreries.

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