VI , AVANT-PROPOS
avec son frère le comte de Paris, comme l'avait fait le jeune duc de Bordeaux sous les yeux de son grand-père , le dernier roi de France.
Le roi de Rome s'y promena dans sa voiture attelée de moutons blancs, et l' Empereur y pleura en embrassant son fils avant de partir, en 18 13, pour F Allemagne.
La fille des Césars y fut mariée civilement à Napoléon, dans cette galerie cV Apollon (^u avait décorée Mignard pour Mtne Henriette, cette délicieuse duchesse d'Orléans, reiichanteresse que Mignard a peinte sous les traits de 1 Aurore, et que sa mort foudroyante et le panégyrique de Bossuet ont rendue immortelle.
Joséphine fut le sourire de ce palais où la fortune de Bonaparte prit naissance et se consacra. Les doigts de fée de Marie-Antoinette remanièrent Saint-Cloud cpi un caprice lui avait fait acheter au j3etil-fils de Monsieur . Elle y vécut en « riche particulière » et ne craignit pas de se mêler aux jeux de la foule attirée dans le parc public par les célèbres cascades : la malignité publique lui en fit un crime. C'est sous les ombrages chers (c la princesse palatine (pé elle donna audience à Mirabeau; le tribun promit de sauver la monarchie alors qu'il était promis ci la jnort.
Oinbres de femmes, ombres légères qui ont régné ou vécu à Saint-Cloud, elles s'assemblent sans doute le soir au lieu oii fut le château et s'y racontent les douleurs des souveraines, car toutes ont souffert cruellement l'exil ou l'abandon... Et la tourbe ignorante, inconsciente , insouciante des douleurs cpCelle a causées, — avant de descendre dans le parc public où régnent les bateleurs et les montagnes russes — , marche sur ces gazons qu'ont frôlés des pieds de reines, foule la terrasse où fut le château de Monsieur, de Marie- Antoinette et de Napoléon.
Il est « où va le débris inévitable des choses humaines », et personne sans doute n'osera le ressusciter, ce temple des fastes monarchicpies; ?nais avant que l'oidjli n'ait repris le nom, il n'était peut-être pas sans attrait de rappeler ce que fut le palais où s'élevèrent et finirent les deux dynasties qui ont occupé la plus (grande place dans le monde moderne : les Bourbons et les Bonaparte.
Que le lecteur ne prenne pas peur de fresques d'histoire cpuon lui a présentées, du reste, aussi anecdoticpies que possible. A côté du récit des grands événements cpd ont fait la célébrité de Saint-Cloud, de la mort de Henri III à l'oméga des derniers souverains, il trouvera des tableaux de genre qui le feront sourire, et, comme mon éditeur n'a épargné ni ses soins, ni sa collaboration artistique, il lui sera loisible, grâce à une illustration très variée, oii même le dessin humoristicpue a sa place.
AVANT-PROPOS. vn
de quitter far moments le palais et ses hôtes., pour suivre la foule plus bruyante qui^ de temps immémoriaux^ est i^estée fidèle à la fête instituée en l'honneur de Clodoald, fondateur de la ville.
Je tiens en terminant à rendre hommage de gratitude aux collectionneurs qui ont facilité mes recherches iconographiques. S. M. l'impératrice Eugénie a bien vendu faire photographier pour moi le portrait du Prince impérial par Yvoti dont elle est possesseur. Mmes Gounod et Pigny., M. P. de Nolhac, M. Garnier., M. Rainbeaux^ M. A. Dayotj M. Yvo)i, M. Paul Belin, M. Maindron; M. CarretLe., secrétaire de la mairie de Saint-Cloud ; M . L. Bernard, ont mis à ma disposition des gravures ou des documents dont on appréciera la valeur. Je dois à M. Sardou l indication d un précieux manuscrit qui m'a permis de donner de r incendie un récit entièrement nouveau., récit qui contredit formellement tout ce qui a été écrit jusqu'à ce jour. Enfin M. Bouchot et M. G. Riat, du Cabinet des estampes de la. Bibliothèque nationale., ont rivalisé d'obligeance pour le profit de mes lecteurs.
Trouvera-t-on que, très épris de mon sujet, mêlant à mes récits des souvenirs personnels, je me suis trop efforcé de donner la vie à ce grand passé mort'? Ce serait le plus grand éloge qui me pourrait être fait, et je n'ose l'espérer. Du moins, aurai-je comblé une lacune importante dans l' Histoire des Châteaux royaux qui est pour beaucoup l'Histoire de France.
HISTOIRE
DU
Le moine Clocloald. — Invasions eL gUL'l■|■e^ civiles. — Funérailles de Fianeois 1°''. — La maison de Gondi. — Le camp de 1589. L'assassinai de Henri HL L'avènement de Henri IV.
LE MOINE GLODOALD
Aux premiers temps mérovingiens, sur un des coteaux dont le pied est baigné par la Seine, s'élevait un petit village du nom de Nogent {Novigenlum, nova gens), abrité par la forêt de Rouvres. C'est dans cette retraite que, vers le milieu du vi' siècle, Clodoald, fils de Clodomir, roi d'Orléans, et petit-fils de Clovis, vint se consacrer au service de Dieu (1).
Clodomir ayant été tué en 524, à la bataille de Véseronce, par Gondemar, roi des Bourguignons, Clodoald, avec ses frères Théobald et Gonthaire, avait été recueilli par sa grand'mère, la reine Clotilde, retirée à Tours. Dans l'espoir de leur faire restituer le royaume d'Orléans, Clotilde conduisit ses petits-fils à Paris. D'après Grégoire de Tours et tous les historiens qui l'ont suivi, voilà ce qui se serait alors passé : Clotaire, roi de Soissons, et Childebert, roi de Paris, accueillirent leur mère avec de grandes démonstrations de joie et lui promirent d'unir leurs efforts pour reconstituer un trône aux enfants de leur frère. Se fiant
(1) Pour éviter de trop lr('i|uenles références, les sources de cliai|Uc clmpili'c suni indiquées à la fin de l'ouvrage,
à la parole de ses lils, Clotilde eut rimprudence de leur remettre la garde des jeunes princes.
Quelques jours après, Clolilde recevait la visite de Tenvoyc royal, Arcadius, porteur d'une épée nue et d'une paire de ciseaux : « Mes maîtres, dit Arcadius, désirent connaître ta volonté, très glorieuse reine, à l'égard des enfants que tu leur as remis. Veux-tu qu'ils vivent les cheveux coupés ou qu'ils meurent? »
Sans prendre le temps de rétléchir dans son épouvante, Clotilde s'écrie : (' J'aime mieux les voir morts que tondus! » L'envoyé rapporte cette réponse en ajoutant : « La reine vous approuve, achevez ce que vous avez commencé. » Les rois se font amener deux des enfants, le troisième ayant été enlevé sans qu'on sache comment. Clotaire saisit Théohald qui est entré le premier, le renverse à ses pieds et lui plonge un poignard dans le sein. Gonthaire, à peine âgé de sept ans, se jette alors dans les hras de Childehert et lui demande grâce. Cliildehert est attendri par ses larmes. « Assez de sang », crie-t-ilà son frère. Mais Clotaire, hors de lui, ivre de sang, réplique : «N'est-ce pas toi qui m'as excité à frapper? Gonthaire périra, ou c'est toi qui mourras à sa place. » Childehert n'ose répondre, et devant ses yeux Clotaire égorge Gonthaire du même fer dont il avait immolé Tliéùhald... 11 restait une victime. Celle-ci, grâce au dévouement de serviteurs lidèles, a été emportée loin du lieu du massacre et a échappé au poignard du roi de Soissons.
Voilà tout ce que l'on sait du meurtre des enfants de Clodomir. C'est la tradition orale recueillie par Grégoire de Tours, près de trente années après l'événement, et qu'il a, suivant son ordinaire, rendue plus dramatique encore, en la scandant d'un dialogue incisif. Il y aurait des réserves à faire sur les paroles prêtées à la reine Clotilde comme aussi sur celles qu'aurait prononcées Arcadius en rendant compte de sa mission aux rois Clotaire et Childehert. Clotilde n'avait pas à intervenir autrement que par de vaines protestations dans l'enlèvement de ses petits-fils; il est probahle qu'elle n'a pas été consultée pour savoir si elle préférait les voir tondus ou morts, et que le rapt s'est consommé avant qu'elle ait eu le temps de comprendre son imprudence.
On devra conclure, avec l'auteur récent deïH/\(o'/re poétique des Mérovln//ien.s^ M. Godefroid Kurth, professeur à l'Université de Liège : «... Le récit de Grégoire de Tours offre une certaine incohérence qui n'est pas faite pour inspirer une conhance entière. Certes il y aurait témérité grande à prétendre savoir mieux que VHisloire des Francs comment les clioses se sont passées; mais ce qu'on est en droit d'affirmer, c'est qu'elles n'ont pas dû se passer tout à fait comme il le dit. L'assassinat des enfants par leurs oncles et la fuite
heureuse du troisième ne peuvent pas faire de doute, mais les circonstances dans lesquelles ont eu lieu cette fuite et cette mort ne paraissent pas avoir été rapportées avec une absolue exactitude par la voix populaire... »
Ce qu'il y a de certain, c'est que le troisième des enfants de Clodomir, Clo-
LA TONSURE UK CI.ODOALD DEVAMT l'ÉVÊQUE EUSÈBE.
Tiililcaii (11' Dci'iipl, isai, église de S;iiiil-(;iouil. (ilioLoynipliic Muiiuli'un.
doald, âgé de cinq ans, fut enlevé par des ciri. fortes et échappa au sort que lui réservaient ses oncles. Où le cachèrent ses généreux sauveurs? On l'ignore. 11 est présumable pourtant que l'enfant fut rendu à sa grand'mère Clotilde et confié par elle à des moines, sans que les rois sanguinaires y fissent opposition. Ils avaient d'ailleurs à se partager les dépouilles éventuelles de ceux qu'ils avaient massacrés, et les querelles élevées sur le partage des biens de Clodomir
éccartèrent leur attention dim enfant qu'ils ne jugèrent pas dangereux dans le monastère où on l'instruisait.
On rapporte pourtant que de vieux serviteurs de Clodomir essayèrent de réveiller l'ambition de Clodoald grandissant et lui firent entrevoir le rêve d'un royanme restauré. L'enfant était très pieux et porté aux choses religieuses; les tragédies qui s'étaient passées dans sa famdle ne devaient lui donner le goût ni du trône ni des honneurs ; jeune homme, il continua à suivre les penchants de son enfance et, dès qu'il le put, il orienta sa vie vers la vie monastique. Loin de la cour de ses oncles auxquels son attitude réservée ne portait pas ombrage, il avait tenu pourtant son désir caché, puisque les fidèles de son père fondaient sur lui leurs espérances, lorsqu'un jour de grande cérémonie, en 550, devant l'évêque de Paris, Eusèbe, il se présente revêtu de ses plus riches habits, le glaive au côté, le manteau d'hermine à l'épaule, les cheveux blonds très longs « tombant comme un tlot d'or sur la neige du vêtement ». Moines et guerriers se pressaient autour du trône épiscopal dans l'attente de ce qui allait se passer. L'heure de la délivrance avait-elle enfin sonné, et le prince, fort de son droit, à la face des autels et devant ses fidèles serviteurs, venait-ii réclamer sa part d'héritage? Un frisson d'enthousiasme parcourut les rangs de la foule pressée; tous étaient prêts à acclamer le petit-fils de Clovis lorsque soudain Clodoald, rejetant loni de lui glaive et manteau d'hermine, tléchit le genou devant l'évêque et lui demanda d'une voix assurée la faveur de prendre l'habit monastique. 11 demanda des ciseaux et coupa lui-même ses longues mèches blondes. Le sacrifice était consommé.
Une fois tonsuré, Clodoald continua à donner l'exemple, non pas seulement des plus hautes vertus, mais du plus grand renoncement et de la mortification la plus complète. Il couchait sur la dure, revêtu de son cilice, soignait les pauvres atteints de maladies contagieuses, servait les malheureux, se faisait ouvrir la porte des prisons où il apportait des paroles de consolation.
« Quelle honte et quelle confusion pour nous, s'écrie naïvement Pierre Perrier, le plus complet historien de la vie de saint Cloud, de voir un prince élevé dans la soie et la pourpre des rois, se revêtir de pauvres habits, d'un rude cilice ! n'avoir plus que la terre dure pour dormir au lieu de ses lits mollets!... se retrancher en un mot toutes les douceurs et les commodités de la terre pour ne "^goùter que les consolations du ciel et s'appauvrir volontairement pour ne se rendre riche qu'en bonnes œuvres et par là s'acquérir un trésor éternel! » La renommée des aumônes distribuées et du bien fait autour de lui hâta le moment où Clodoald devait recevoir le sacerdoce, et
LES ORIGINES DE SÂINT-CLOUi).
Eusèbe, cédant à la voix populaire, ne tarda pas à consacrer le pieux clerc.
Or, en ces jours, vivait aux environs de Paris un saint ermite nommé Séverin dont le renom de bienfaisance et de sainteté était répandu tout alentour. Clodoald eut l'idée d'aller le trouver et de lui demander de le prendre sous sa direction. Séverin accepta, et, dès lors, le maître et le disciple vécurent dans leurs cellules très rapprochées l'une de l'autre, menant une vie exemplaire, s'excitant l'un et l'autre au bien (1).
Au moment où Clodoald avait définitivement embrassé la vie monastique, et par cela même consacré l'abandon de ses droits au trône d'Orléans, ses oncles, — étaient-ils pris de remords et jugeaient-ils que leur forfait impuni méritait au moins cette compensation au survivant des enfants de Clodomir? — ses oncles lui avaient consenti un apanage considérable en échange des biens dont il avait été frustré. Ces biens, terres et bois, le moine ne les refusa pas, sachant bien l'emploi qu'il en pourrait faire. Une partie fut donnée par lui à des églises, une autre fut réservée pour l'édification d'une maison de retraite et de solitude.
A sa « Celle » (c'est ainsi qu'on appelait les retraites de un ou plusieurs moines que plus tard on dénomma prieurés) (2) Clodoald adjoignait bientôt une chapelle et quelques maisons pour ceux qui voudraient le suivre. De là le premier monastère. La grande âme de saint Cloud avait compris le bien que pouvait faire une association religieuse. Depuis un siècle, les monastères avaient germé sur le sol à demi pacifié par les Francs, et la règle de Saint-Benoît, avec sa sagesse et sa force, avait donné une nouvelle impulsion à ces utiles demeures. Le petit-fils de Clovis, propriétaire d'immenses domaines, songea à chercher un emplacement convenable à l'érection d'un monastère dont il ferait tous les frais. Or, sur la rive gauche de la Seine, dans une seigneurie donnée à Clodoald par ses oncles, se trouvait un petit village (nous avons dit qu'il s'appelait Novigentum) composé de quelques maisons disséminées sur un coteau d'abord assez difficile. A mi-côte, s'étendait comme une plate-forme d'où l'œil embrassait un horizon immense. C'est là que Clodoald posa les fondements de sa maison ; le lieu était admirablement choisi : au bas de la colline, la Seine déroulait ses méandres capricieux parmi les bois qui se miraient dans ses eaux; à droite et à gauche, l'épaisse forêt de Rouvres; au loin les maisons de Lutèce,
(1) Ce Séverin ne semble pas être celui qui a été choisi pour patron d'une église de Paris.
(2) Quoi qu'on en ait dit, il n'est pas question là de La Gelle-Saint-Gloud. La Gelle-lès-Saint-Cloud et par corruption La Celle-Saint-Cloud s'appela plus tard ainsi par la suite du voisinage de la ville de Saint-Gloud, mais ne rappelait en rien .le fjls de Clodomir qui n'y lit jamais sa retraite. L'église était sous l'invocation de saint Pierre. L'abbé Le Beuf est Irùs alïlrmatif sur ce jîoint qui a été controversé.
IIISTOIKE DU PALAIS DE SAlNt-GL() UD.
peut-êlrc aussi la croix de Saint-Pierre où reposaient les restes de ses inirenis et de ses frères. Le monastère s'éleva an lien choisi par Clodoald. Selon toute probabilité, c'était à l'endroit où se trouve maintenant la maison du D' Desfossés sur la place de l'église actuelle, car sous cette place, sous les maisons de MM. Clergieret Desfossés, on trouve encore des ruines et des soubassements de pierre. Des fouilles faites en 187i dans le luit de retrouver le tombeau du saint n'amenèrent aucun résultat (1). .
Plus tard cette communauté s'appela le « Moutier Saint-Cloud ». Je n'ai pas à exposer l'utilité de ces ])reniiers monastères à une époque où seuls les religieux et les clercs possédaient quelque sciem^e pratique. Le voisinage de ces maisons de prière et de travail, c'étaient les défrichements organisés et la terre mise en culture, l'eau canalisée ; c'étaient les malades soignés, les différents métiers expliqués et appris ; c'était un commencement de civilisation succédant à l'état de barbarie. Faut-il rappeler qu'aux besognes rudes d'utilité vitale les moines ajoutaient les travaux de l'esprit ; l'étude des anciens textes, do la doctriuc et des renseignements polytechniques des Pères de l'Eglise, des philosophes et des savants de l'antiquité ? Ouc ne leui' doit-on, par conséquent !
Quand son cloître fut achevé, quand l'église fut bâtie (2); quand autour de lui il eut répandu l'aisance et le bien-être, (Uodoald s'avisa qu'il vivait d'une vie trop mondaine et, " se regardant comme un serviteur inutile devant les yeux de Dieu, et comme d'ailleurs on venait le chercher trop souvent dans sa solitude et que sa renommée y attirait tout le monde, il médita (hins son cœur une seconde retraite pour vivre plus tranquille ot])liis inconnu ».
il communiqua ses intentions à Séverin qui n'osa l'en (h'tourner " parce qu'il reconnut que c'était la volonté du Seigneur », et quoique cette séparation fût très sensible aux deux saints hommes, « elle n'empêcha point que leurs cœurs ne demeurassent étroitement unis ». (Perrier, V/p de saint Cloud.)
Donc, ayant pris l'avis de Séverin, Clodoald se disposa à partir pour la Proven(^e. Pourquoi se dirigea-t-il de ce coté? C'est là une question qui ne sera jamais résolue ; cependant il ne faut rien négliger dans les traditions qui peuvent éclairer l'histoire. L'abbé I^ourrières dans la Semaine reJiffiease de Cahor\,. du 22 octobre 1898, donne quelques détails à recueillir : « Au temps de sainte Clotilde, il y avait eu un monastère à Ginouillac, près Uocamadour; elle y aurait caché son petit-fils Clodoald... A ce monastère, saint Cyprien et saint
(h Cr. Ozauaiii, Le l'èlr/'iiinfie dr Sainl-Clnuil . cl llii//c/iii /mmissi/i/ ilc SiiiiiZ-Chniil. aiini'-i' {-) L'i''i;lisc piiui' |)i-i'iiiici- paliDii >aiiil .Marliii, ddiil le riniii l'Iail en a ('■iK'Ta I Idii dans li's (iauk'S
sailli .Mai'ci'l, lie l':iris, cl sailli l'nilias. |i|-r'li'c, l'ii claiciil les |i;iln)ns scciiiiilaii-cs.
Sortis firent profession, dit V Abrégé manuscrit de J. de Vidal. » — Et encore : «Parmi les noms des personnes vivant en Qiiercy à cette époque figure le nom de Clodoald devenu saint Cloud. » Ce séjour à Ginouillac, à défaut d'autres preuves, n'expliquerait-il pas les pérégrinations accomplies par Clodoald dans le midi de la France jusqu'en Provence ?
Saint Cloud eut-il le don de faire des miracles de son vivant? On l'a dit; mais la tradition ne nous a apporté que cette unique légende : en Provence, un jour, il fut visité par un pauvre. N'ayant aucun secours à lui donner, il lui mit son manteau sur les épaules. Par reconnaissance, le pauvre put quelque temps après lui offrir l'hospitalité, à lui et à ses compagnons. Et la nuit, comme tous dormaient dans l'humble cabane, une éclatante lumière succéda à l'obscurité. Le pauvre et sa compagne se levèrent et rendirent grâce à Dieu qui leur avait envoyé un don céleste.. Puis Clodoald revint à Novigentum dont il ne devait plus s'éloigner.
Dix ans après son ordination, le 7 septembre 560, Clodoald terminait dans le cloître qu'il avait fondé une vie remplie
d'œuvres saintes. Il léguait ses biens con-
.'rvple on reposa ppndaul i2o()a!is le tombeau de Sî- Cloud.
sidérables au clergé (1) et notamment, a. D'après un dcisin. CoUeclion de M. Maiiidi-on.
l'évêque de Paris, en partage avec le chapitre de Saint-Cloud, la terre de Nogent. C'est la première donation faite à la mère Eglise des Gaules (2).
Clodoald fut enseveli dans un cercueil de pierre de sept pieds de longueur.
Son tombeau placé dans la crypte de l'église qu'il avait fait construire fut entouré bientôt d'un religieux prestige; le don des miracles lui fut attribué. L'église de Nogent fut débaptisée au vu' siècle et mise sous l'invocation
(1) A Téglisp Saint-Rcmi. de Reims, sa seigneurie de Dniizy du diocèse de Trêves. A l'église de Saint-Denis. sa lerre de Ruilly, près de Courges.
(2) En 582, un traité d'alliance entre Ghilpéric et Chddcbert 11, roi (rAUstrasie, se conclut à Nogent. Récit mérovhifiipihs. — Mémoires in/éressaii/fi..., de Poncet. di^ la Grave. — Annales el an/iqiiilés de Saint-Cloud Duclicsne, 1787. — l'i'i riei'. Vie de suint Cloud. — AljLé Ozunaiu, Pèlerinage de 8aiiit-Cloiid.
de sanctus Clodoaldiis, canonisé par l'Eglise ; le villoge reçut également sou nom.
Au milieu du ix' siècle, le monastère de Saint-Cloud fut changé en une collégiale de neuf chanoines. A dater de cette époque jusqu'à la fin du moyen âge, l'histoire de Saint-Cloud reste dans les nuages.
Il y avait déjà huit cents ans que les reliques de saint Cloud étaient l'objet de la vénération des fidèles qui imploraient sans cesse et avec fruit son intercession. Sur le sépulcre du saint, alors, le chapitre fit élever un mausolée en marbre, et une fête solennelle fut établie pour célébrer le jour anniversaire de sa mort.